18 février 2021
Un premier EP pour le Saint-Huguois
Jeremy Lachance : chanter les mots qu’il n’a su dire
Par: Maxime Prévost Durand

Le premier EP du Saint-Huguois Jeremy Lachance, Par absence d’avoir eu le temps de le dire, sort sur les plateformes numériques le 18 février. Photo gracieuseté

Il n’est pas toujours facile de trouver les bons mots lorsqu’il est question d’amour, tant pour faire une déclaration que lors des tempêtes d’une relation ou au moment d’une rupture. Pour Jeremy Lachance, c’était plus facile de chanter ces mots que de les dire.

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L’auteur-compositeur-interprète de Saint-Hugues dévoile aujourd’hui, le 18 février, son premier EP, Par absence d’avoir eu le temps de le dire, une galette de cinq chansons folk-rock poétique qui mélange spoken word et chant.

« Ce sont toutes des chansons qui parlent un peu d’amour », mentionne Jeremy Lachance, dans une entrevue téléphonique accordée depuis Tofino, en Colombie-Britannique, où il habite depuis quelques mois.

Peut-être parce qu’il est originaire d’un petit milieu rural – c’est ce qu’il suggère comme analyse -, il avoue trouver plus difficile d’aborder les discussions liées à l’amour. « La musique, c’est le seul moyen par lequel je suis capable d’en parler », affirme-t-il. Avec ses chansons, il y voit « une prise sur l’hypermasculinisation » présente dans la société.

Ce EP fait suite à sa participation à la plus récente édition du concours Les Francouvertes, laquelle a été retardée en raison de la pandémie. Jeremy Lachance devait monter sur la scène du Lion d’Or le 16 mars pour la ronde préliminaire, mais tous les plans ont été bousculés par la COVID-19 quelques jours plus tôt. Ce n’est qu’en septembre qu’il a finalement pu présenter ses chansons. « C’était dans la période où on pouvait jouer devant un petit public. Petit, mais attentif », se rappelle-t-il.

Cette expérience l’a poussé à accélérer son processus de création pour que les chansons soient prêtes pour le concours. « [Le EP] serait vraiment arrivé plus tard ou d’une manière différente si ça n’avait pas été des Francouvertes », confie le jeune homme, heureux d’avoir eu cette opportunité de faire entendre sa musique à un plus large public même s’il n’a pas accédé à la ronde suivante.
Comme les chansons étaient déjà prêtes à être enregistrées, il a voulu les sortir aussi vite que possible, d’autant plus que leur côté mélancolique se prête bien à la période hivernale.

« J’ai l’impression que de participer aux Francouvertes, ça m’a donné une crédibilité. Je n’ai jamais eu autant de réponses en envoyant mon matériel », lance-t-il en riant.

Expérience de groupe

Même si seul le nom de Jeremy Lachance figure sur le EP, il ne s’agit pas pour autant d’une aventure solo. Au contraire. Pour lui, c’est une expérience de groupe.

Les textes et le squelette des chansons sont créés par le Saint-Huguois, mais la suite se fait en compagnie de ses amis musiciens (Guillaume Scott, Olivier Tanguay et Antoine St-Onge), tous rencontrés alors qu’il étudiait en musique au Cégep de Drummondville.

La voix de Jeremy Lachance, qu’il se plait à présenter comme étant « presque assez juste », est aussi parfois accompagnée de celle de Melyssa Lemieux. Cette présence féminine, d’abord et avant tout ajoutée pour l’esthétisme sonore qu’elle procure, vient également complémenter par moment les paroles des chansons, « un peu à la manière d’une conversation », décrit l’artiste.

On peut d’ailleurs ressentir l’effet apporté par ses comparses sur une chanson comme « Maison peu commune », qu’il avait déjà fait paraître il y a près de quatre ans dans le cadre d’un autre projet musical, La Barrique, et qu’il a décidé de garder pour ce EP. « Avec le groupe, ça donne quelque chose de totalement différent », fait-il remarquer.

À défaut de pouvoir tenir un lancement en raison de la pandémie, Jeremy Lachance devrait monter sur la scène du Zaricot – qu’il connaît bien – pour un spectacle le 16 avril. D’ici là, le mini-album sera disponible sur toutes les plateformes numériques, incluant Bandcamp.

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