15 novembre 2012
Johanne Delage sous les projecteurs
Par: Le Courrier

Il faudrait tout un journal pour mettre bout à bout les réalisations et les implications de Johanne Delage à Saint-Hyacinthe. Présidente d’honneur du Relais pour la Vie depuis 11 ans, membre du comité organisateur du Tournoi provincial de soccer depuis 21 ans, et de celui du Tournoi provincial de hockey pee-wee depuis plus de 20 ans, Johanne Delage a aussi trouvé le temps d’offrir cette année plus de 400 heures de bénévolat à… son employeur (!), l’Association de soccer de Saint-Hyacinthe. L’ex-conseillère municipale est plus que jamais branchée sur son milieu et courtisée pour toutes les causes. Rencontre à l’aube d’une année électorale.

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En 2008, à la veille de la campagne électorale municipale, vous avez fait une sortie remarquée en souhaitant ouvertement un conseil municipal plus jeune. Pourquoi avoir pris cette position?

Je n’ai pas fait cette sortie médiatique par « racisme » ou « âgisme ». Je siégeais à des comités provinciaux au niveau politique et je rencontrais un peu partout de jeunes élus municipaux, dans la vingtaine et dans la trentaine. Des gens extrêmement dynamiques, avec une vision d’aujourd’hui, une vision des temps modernes! En prenant position, je lançais une invitation à nos jeunes de s’impliquer en politique. Il faut faire de la place pour nos jeunes. Moi j’y crois. J’y crois encore.

La mairie, ça ne vous intéresse vraiment pas?

(rires) Depuis que vous avez écrit que je ne suis pas intéressée par la mairie, on m’en parle tous les jours! Je n’ai pas encore changé d’idée, mais il ne faut jamais dire jamais. Je ne pense pas être candidate, mais je serai impliquée dans la campagne. Je verrai en fonction des candidats qui vont se présenter.

Au provincial, vous avez déjà travaillé pour les campagnes du libéral Charles Messier, de la péquiste Louise Cordeau et de la libérale Louise Arpin. Au fédéral, vous avez donné un coup de main aux conservateurs d’Andrée Champagne et, plus récemment, de Jean-Guy Dagenais. Difficile d’établir votre couleur politique.

Je ne choisis pas mon cheval en fonction d’un parti politique. Moi, c’est la personne qui m’intéresse. J’ai été élevée dans la politique. Mon grand-père paternel était Union nationale. Il était près de Duplessis. Au fil des ans, j’ai compris que c’est le candidat qui est important pour une région. Une fois élu, c’est sa personnalité qui compte pour la suite des choses.

Pour vous avoir dans son équipe, quelles qualités devra démontrer le candidat idéal à la mairie en 2013?

Ça prend une personnalité forte, un sens du leadership, une vocation de service à la communauté et le désir de faire changer les choses. Il faut avoir une vision. Ça prend de la disponibilité aussi et ça aide d’être une personnalité connue du milieu. Pas besoin d’avoir de grandes réalisations à son actif, mais il faut au moins être impliqué dans la communauté. Il faut avoir des connaissances politiques, aimer la politique et être capable de composer avec la critique.

Vous avez travaillé pour Forum 2020, né d’une concertation du milieu pour favoriser l’immigration à Saint-Hyacinthe. Pourtant, Saint-Hyacinthe n’a jamais eu la réputation d’être des plus accueillantes avec les étrangers.

Effectivement, on était une région comme ça. L’accueil était froid. C’était un cercle fermé. Mais l’immigration a changé la vision des Maskoutains. On est plus ouvert. Les gens étaient intolérants par ignorance, face à l’immigration, mais même face aux gens d’ailleurs au Québec. Maintenant, je rêve du jour où l’on verra un immigrant, un Maskoutain issu de l’immigration, être élu conseiller municipal.

La question de sondage : tunnel ou passage à niveau?

J’étais du conseil qui avait choisi le passage à niveau. Et je dois avouer que j’étais encore tout récemment en faveur du passage à niveau. Mais je comprends la logique d’aménager un tunnel. Si on allait chercher une subvention et si le CN mettait un peu d’eau dans son vin, je serais pour le tunnel demain matin. Quand j’étais conseillère, on a voulu peinturer la structure métallique du tunnel ferroviaire du secteur Assomption. J’ai été là 13 ans et on n’a jamais réussi à le faire, parce que le CN imposait des exigences et des assurances qui coûtaient les yeux de la tête. C’est pour vous montrer à quel point le CN est indépendant. Si on avait de l’aide pour payer, je serais en faveur d’un tunnel. Autrement, c’est payer pas mal cher pour creuser un trou.

Que pensez-vous du projet d’aréna privé?

C’est tout un cadeau, parce que les stades municipaux ont toujours été déficitaires. Déficitaires par choix, parce que la Ville favorise l’accès de ses utilisateurs en maintenant les tarifs les plus bas. Évidemment, un investisseur privé qui fait un tel cadeau doit vouloir le rentabiliser. Il appartiendra donc à la Ville de bien négocier ses ententes pour protéger l’accessibilité à bas prix. Ce sont peut-être les clubs adultes qui vont écoper davantage. Mais il me semble que ce serait une bonne affaire, qui viendrait régler plusieurs problèmes et soulager la Ville des coûts d’entretien et de mise à niveau des arénas actuels.

Le mot de la fin vous revient Mme Delage

Je suis très impliquée auprès des Grands Frères Grandes Soeurs de Saint-Hyacinthe, un organisme qui fait des miracles. Il y a deux ans, j’ai accepté d’être présidente d’honneur du mentorat scolaire au primaire. Nous avons atteint notre objectif en recrutant 32 mentors. Chaque semaine, je vais manger mon lunch avec une petite fille. Et je la vois changer au fil des semaines. C’est très émouvant. La directrice m’a accrochée dans un corridor l’autre jour pour me dire que j’étais en train de faire un miracle. Mais ce n’est pas juste moi. C’est 32 miracles! L’an prochain, on aimerait étendre le mentorat au secondaire. On veut aussi recruter au niveau collégial, pour que des jeunes de 18 ans deviennent des modèles pour les enfants.

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