2 juin 2016
Karoline Georges : entre réel et virtuel
Par: Amilie Chalifoux
Karoline Georges : entre réel et virtuel

Karoline Georges : entre réel et virtuel

Avec De la quête du sublime au temps de la virtualité, l’artiste Karoline Georges propose un corpus d’oeuvres réalisées entre 2009 et 2016 à partir d’un travail de vidéo, de photographie, de modélisation et d’animation 3D.Photo François Larivière | Le Courrier ©

Avec De la quête du sublime au temps de la virtualité, l’artiste Karoline Georges propose un corpus d’oeuvres réalisées entre 2009 et 2016 à partir d’un travail de vidéo, de photographie, de modélisation et d’animation 3D.Photo François Larivière | Le Courrier ©

Que ce soit pour l’écriture d’un livre ou pour la création d’arts visuels, Karoline Georges plonge littéralement dans le monde qu’elle crée. Cet été, l’auteure et artiste multidisciplinaire maskoutaine nous propose une immersion dans l’univers virtuel avec l’exposition

Outre sa participation à la première édition d’Orange, c’est la première fois que Karoline Georges expose à Expression, Centre d’exposition de Saint-Hyacinthe. On peut y admirer des oeuvres réalisées entre 2009 et 2016 à partir d’un travail de vidéo, de photographie, de modélisation et d’animation 3D.

De ses débuts dans la danse contemporaine à ses créations visuelles en passant par ses oeuvres littéraires, l’artiste guide ses recherches et ses réalisations vers une même ligne directrice : la quête du sublime.

Elle a exploré le sujet avec La mue de l’hermaphrodite, son premier roman paru en 2001, puis dans Ataraxie, paru en 2004. Ce dernier l’a ensuite dirigée vers un tout autre projet qui a pris une ampleur inattendue.

« La narratrice était une femme en quête d’une image pure, raconte Karoline Georges au sujet du roman Ataraxie. Quand je suis sortie du livre, j’ai eu envie de poursuivre le fantasme de la narratrice. Je me suis demandé comment je pourrais faire apparaitre un personnage littéraire dans une dimension purement picturale. Comme je ne suis pas peintre et que je n’avais pas envie de faire appel à une comédienne, j’ai eu recours aux métavers qui sont un ensemble d’outils 3D. »

Kyrie Source est le nom du premier avatar avec lequel elle a travaillé. Cette incarnation numérique du personnage d’Ataraxie conçu via le site Internet Second Life a vite attiré l’attention d’internautes. L’artiste s’est mise à recevoir des créations de designers provenant d’une quarantaine de pays voulant participer à son projet. Cela a généré plus de 450 autoportraits du personnage, entre 2009 et 2013, diffusé sur le blogue de l’avatar. Après quoi l’artiste a pris un temps d’arrêt.

« J’avais l’impression d’être allée au bout de ce que j’avais à faire avec ce personnage. Mais durant ce temps, Second Life a évolué et j’ai décidé de replonger dans les métavers pour voir ce qu’il se faisait de nouveau, mais sous une identité anonyme. J’ai créé Anouk A. qui est une réincarnation de Kyrie Source », explique l’artiste.

Depuis la fin de 2014, le personnage a également son propre blogue et a généré plus de 300 autoportraits. Mais ce qui est présenté à Expression est une série créée spécifiquement pour l’exposition actuelle. L’oeuvre s’appelle Mise à jour / Anouk A.

« J’avais envie de faire le point sur mon travail avec un avatar et de faire exister le personnage dans ce lieu-ci. C’est donc un moment que je prends, après 10 ans de travail avec un avatar, pour prendre un temps d’arrêt et observer le personnage. »

L’image et la perfection

Après la photographie virtuelle, la vidéo numérique et HD donnent suite à l’exposition. Parmi les plus récentes, Actualisation de profil prend l’allure d’une chorégraphie morphologique.

Créée à partir de sept visages différents, l’oeuvre trompe l’oeil du regardant en donnant l’impression qu’elle illustre le même visage. Toujours dans l’optique d’une quête du sublime, la vidéo numérique full HD nous invite à nous questionner sur les profils personnels en ligne et l’actualisation fréquente de ses derniers.

Par ailleurs, quand l’on regarde l’exposition dans son ensemble, tout frôle la perfection. Inspirée par la photographie du début du XXe siècle, l’artiste travaille uniquement le noir et blanc. Les images sont épurées à leur pleine capacité pour la plupart. Tandis que le corps humain doit être présenté nu pour accéder à la pureté. De la quête du sublime au temps de la virtualité propose un magnifique visuel et un contenu approfondi.

L’exposition de Karoline Georges est présentée à Expression jusqu’au 7 août.

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