23 juin 2016
La bibliothèque du Séminaire de Saint-Hyacinthe (1)
Par: Le Courrier
La bibliothèque des prêtres, vers 1911, avec son décor peint par Joseph Richer. Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe. CH001/S13/SS1/SSS4/D2/P001.

La bibliothèque des prêtres, vers 1911, avec son décor peint par Joseph Richer. Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe. CH001/S13/SS1/SSS4/D2/P001.

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Historique

La bibliothèque du Séminaire de Saint-Hyacinthe existe depuis la fondation du séminaire en 1811 par messire Antoine Girouard (1762-1832). À ses débuts, la collection de documents était très modeste et elle occupait l’espace de quelques étagères dans une très petite chambre. Cet ancien local était situé dans les tout premiers bâtiments du Séminaire qui furent détruits en 1854, par un incendie qui détruisit plus de 40 maisons du village de Saint-Hyacinthe. Ce local était toujours sous clé afin de ne pas perdre le contrôle de cette richesse documentaire.

Si l’on parcourt les deux tomes de : « Histoire du Séminaire de Saint-Hyacinthe depuis sa fondation jusqu’à nos jours : 1811 un siècle 1911 », écrits par Mgr Charles-Philippe Choquette (1856-1947), on peut y découvrir diverses anecdotes au sujet de la bibliothèque. En voici quelques-unes :

En 1825, Mgr Jean-Jacques Lartigue (1777-1840), premier évêque de Montréal, signalait dans sa multiple correspondance que la collection de la bibliothèque du Séminaire de Saint-Hyacinthe comprenait 450 titres. Ce qui était assez considérable pour les moyens disponibles en ce temps-là.

En 1866, il est rapporté que le Séminaire a reçu grâce à l’intervention de l’abbé Louis-Barthélemy Brien, (1803-1866) le legs de messire Jean-Olivier Chèvrefils (1790-1833) qui comprenait 729 volumes, 14 cartes et 65 gravures et images. Ce legs représentait une des plus vastes bibliothèques privées de l’époque au Bas-Canada.

En 1878, une lettre du supérieur de l’époque rapporte que la bibliothèque se trouvait dans un local situé en face de sa chambre. Cette bibliothèque fut réaménagée lors de travaux qui éliminèrent divers locaux pour son agrandissement dont la procure, la chambre du régisseur, la chambre des servantes, et un escalier menant aux cuisines. Le seul point architectural que signale Mgr Choquette est le détail du plafond ornementé en 1901.

En 1911, lors du centenaire du Séminaire, on annonce qu’une nouvelle bibliothèque sera construite. Elle occupera le cabinet de physique, le laboratoire de chimie et les musées. Entre-temps, afin d’aider les étudiants, on avait établi des bibliothèques de quelques centaines de volumes dans chaque classe de rhétorique et de belles-lettres.

En 1927, nous assistons à la démolition de la chapelle construite en 1884, selon les devis de l’architecte, Adolphe Lévesque, car elle était devenue trop dangereuse et, de plus, sa capacité d’accueil était trop limitée pour la clientèle et le nombre de prêtres du Séminaire. Cette décision fut prise par le conseil d’administration sous la présidence du chanoine Léon Pratte. L’ancienne chapelle fut remplacée, en dix mois, par une chapelle de style néogothique selon les plans de l’architecte René Richer.

À la même période, un incendie causé par un élève détruisit l’aile nord du Séminaire. Alors, les membres du conseil d’administration décidèrent de profiter de cet imprévu pour démolir l’aile sud et de tout rebâtir à neuf, afin d’avoir de meilleures commodités : l’électricité, le chauffage central à l’eau chaude, une meilleure plomberie plus efficace, l’eau courante, les toilettes à l’intérieur plus modernes et mieux adaptées à la clientèle qui ne cessait d’augmenter d’année en année.

L’administration décida également d’aménager une nouvelle bibliothèque pouvant mieux concentrer les collections qui, avec les années, ne cessaient de croître. Il fallait les regrouper afin de mieux les préserver, les protéger, les contrôler et les rendre plus accessible aux prêtres. L’ouverture de la nouvelle bibliothèque sur le site qu’elle occupe actuellement au rez-de-chaussée dans l’aile sud du Séminaire se fit en 1929.

Les étagères choisies sont en métal et furent vendues et installées par la compagnie Snead & Company Iron Works, Ltd. du New Jersey qui possédait une filiale à Toronto. Cette usine était une sommité dans la production et l’installation d’étagères modernes et professionnelles pour les bibliothèques américaines et canadiennes. C’est cette firme qui a installé les étagères de la bibliothèque Saint-Sulpice située sur la rue Saint-Denis à Montréal qui est devenue plus tard la Bibliothèque nationale du Québec ainsi qu’à la bibliothèque du Congrès américain à Washington, D.C. En 1929, les étagères coûtèrent la somme de 7 000 $ incluant le transport.

De 1896 à nos jours, le poste de bibliothécaire fut occupé par plusieurs prêtres et quelques laïcs. Le poste « bibliothécaire » n’apparaît pas dans les annuaires avant 1896-1897. Le poste « bibliothécaire-archiviste » apparaît dans les annuaires à partir de 1932-1933. La corporation du Centre d’archives est créée en novembre 1990. La corporation de la Bibliothèque est créée en février 1991.

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