7 décembre 2017
Centre des congrès et Hôtel Sheraton
La CSN revient à la charge
Par: Jean-Luc Lorry
La CSN souhaite transférer la convention collective qui régissait le travail des employés de l’ex-Hôtel des Seigneurs au nouveau complexe hôtelier de Saint-Hyacinthe. Photothèque | Le Courrier ©

La CSN souhaite transférer la convention collective qui régissait le travail des employés de l’ex-Hôtel des Seigneurs au nouveau complexe hôtelier de Saint-Hyacinthe. Photothèque | Le Courrier ©

Presque trois ans et demi après avoir mis fin aux négociations avec le propriétaire de l’Hôtel des Seigneurs de Saint-Hyacinthe, la CSN tente à nouveau de faire valoir les droits des quelque 200 syndiqués du défunt complexe hôtelier. Ce dernier appartenait à une entreprise dirigée par Marc Bibeau au moment de sa démolition.

M. Bibeau est aussi à la tête de l’hôtel de la bannière Sheraton qui est présentement en construction sur le site des Galeries St-Hyacinthe, à proximité de l’ancien site de l’Hôtel des Seigneurs où s’élève désormais une tour de bureaux.
Par voie de communiqué, la centrale syndicale a dit souhaiter que la direction du nouvel établissement interpelle rapidement le syndicat afin de trouver un terrain d’entente pour mettre un terme au conflit de travail et convenir du renouvellement de la convention collective. « Il y a eu une rupture des négociations. Ce conflit ne s’est jamais réglé », a indiqué au COURRIER Michel Valiquette, trésorier de la Fédération du commerce (CSN) et responsable du dossier des ex-employés de l’Hôtel des Seigneurs.
La CSN motive son action par le fait que l’hôtel et le centre des congrès municipal de la Ville de Saint-Hyacinthe ont été construits « de l’autre côté de la rue » où était situé l’Hôtel des Seigneurs et son centre de congrès et d’expositions.
Rappelons qu’à l’été 2014, alors que l’Hôtel des Seigneurs était en cours de démolition, la partie syndicale avait rejeté du revers de la main la proposition finale du nouvel acquéreur, une entreprise liée aux Centres d’achats Beauward, qui possèdent les Galeries St-Hyacinthe et le nouvel hôtel en devenir.
L’employeur se donnait alors la possibilité d’abolir 155 des 204 emplois syndiqués au profit de la sous-traitance. Il proposait une convention collective d’une durée de 10 ans, incluant un gel salarial en 2015 et des augmentations progressives de 2,25 % (de 2016 à 2018), de 2,5 % (de 2019 à 2021) et de 2,75 % (2023 et 2024).
« Un mandat a été confié à notre service juridique pour évaluer tous les recours possibles. S’il y a possibilité de recours, nous procéderons », prévient M. Valiquette.
La CSN souhaite la réembauche des anciens travailleurs syndiqués au Sheraton, en respectant l’ancienneté accumulée. « Il doit y avoir des ex-employés de l’Hôtel des Seigneurs intéressés à travailler dans le futur complexe hôtelier », estime le porte-parole syndical, tout en refusant de dire si la CSN fera des représentations auprès des employés permanents qui travailleront au centre des congrès et au Sheraton.
Selon les informations divulguées par le gestionnaire commun responsable de l’hôtel et du centre de congrès, les besoins de personnel permanent pour la tenue de banquets et de réceptions ont été évalués à environ 30 personnes. Quant au Sheraton, on estime que cela nécessitera la création d’une cinquantaine d’emplois permanents.
Le directeur général du Centre des congrès de Saint-Hyacinthe et de l’hôtel Sheraton, Michel Douville, connait bien les travailleurs de l’Hôtel des Seigneurs pour avoir dirigé l’établissement maskoutain de 1983 à 1992. Interrogé sur cette sortie de la CSN, M. Douville a préféré s’abstenir de tout commentaire.

image