15 avril 2021
Projet Henderson
La densité cause des irritants au Domaine sur le Vert
Par: Rémi Léonard

Le secteur où est envisagée la construction de neuf nouveaux bâtiments de six unités au Domaine sur le Vert. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

La poursuite du développement résidentiel au Domaine sur le Vert suscite du mécontentement chez une partie des résidents actuels, qui jugent les nouvelles constructions trop imposantes pour le quartier.

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Récemment, c’est le projet Henderson qui a retenu l’attention en proposant l’ajout de neuf bâtiments de six unités dans le secteur de la rue du Vert. Une bonne partie de cette zone demeure toujours vacante depuis plusieurs années, même si on retrouve plusieurs habitations aux alentours. Une rencontre réunissant les résidents actuels, la Ville et le promoteur s’est déroulée de manière virtuelle le 22 mars.

En rappelant l’historique du Domaine sur le Vert, le coordonnateur aux projets de développement au Service de l’urbanisme de la Ville, Danny Gignac, a soulevé le fait que le contexte avait énormément évolué depuis les débuts de ce projet domiciliaire, officiellement lancé en 2005 sur l’ancien par 3 du club de golf La Providence. À travers la crise économique de 2008, la fermeture du club de golf et l’arrivée des obligations gouvernementales en matière de densification du territoire, il ne faut pas se surprendre que le type d’habitations proposé aujourd’hui soit bien différent de ce qui était envisagé à l’époque, a-t-il soutenu.

Les critiques des résidents du quartier tenaient effectivement au fait que les nouvelles constructions ne correspondent pas à ce qu’on leur avait « promis » lorsqu’ils ont fait l’achat de leur résidence. De manière générale, ceux-ci sont attachés à la forte présence d’espaces verts dans le quartier et au « style Nouvelle-Angleterre » des propriétés, des caractéristiques qu’ils souhaitent préserver. La circulation automobile, qui est logiquement appelée à croître au fur et à mesure que le secteur se développera, est également une préoccupation.

Pour ceux dont les terrains donnent directement sur les futurs bâtiments du projet Henderson, c’est l’impact visuel et la proximité du stationnement extérieur qui dérangent. Sur ce point, des ajustements ont été présentés aux citoyens durant la rencontre, ce qui se traduit par une légère augmentation de la zone tampon entre le nouveau projet et ses voisins.

Le Groupe Rodier agit comme représentant du groupe d’investisseurs propriétaire des terrains dans ce projet. Les lots seront par ailleurs vendus à d’autres entrepreneurs qui se chargeront de la construction et de la revente.

Recherche d’un compromis

L’objectif de cette rencontre était de trouver « une voie de passage » entre les attentes des résidents et la volonté des promoteurs de livrer leur projet, a résumé la directrice générale adjointe de la Ville, Chantal Frigon. L’idée est de tenter de rallier les résidents du secteur avant même de déposer au conseil le changement de zonage nécessaire puisque ce dernier devra ensuite être soumis à une approbation référendaire.

Les représentants municipaux ont par ailleurs averti les citoyens que l’alternative au projet présenté par le Groupe Rodier serait la vente des terrains à un autre promoteur qui pourrait réaliser toute construction qui est conforme au zonage. Il s’agit d’une éventualité qui est à éviter, selon le conseiller du secteur, André Beauregard, qui a prévenu que ça « pourrait partir dans tous les sens », au risque de se retrouver au final avec un projet de moindre qualité.

La zone n’est pas assujettie à un plan d’intégration et d’implantation architecturale, ce qui réduit le contrôle que peut exercer la Ville sur les nouvelles constructions. Dans le cas qui nous occupe, le fait que le projet présenté par le Groupe Rodier doive passer par un changement de zonage donne au contraire une « poignée » à la Ville pour négocier certains aspects du projet, a expliqué Mme Frigon. Au début des discussions avec la Ville, le promoteur visait d’ailleurs une densité plus grande, a-t-elle fait savoir.

Après avoir pris en note les commentaires des citoyens, la rencontre s’est conclue sur la promesse de revoir quelque peu les plans avant de revenir avec une proposition modifiée. Le président du Groupe Rodier, Dominic Rodier, a toutefois clairement laissé entendre que sa marge de manœuvre est bien limitée. « On est allé au maximum de ce qu’on pouvait faire », a-t-il répondu à un résident qui demandait si un des immeubles pouvait être retiré afin de créer un certain dégagement.

M. Rodier s’est montré très préoccupé par la viabilité du projet dans un contexte où les prix dans le domaine de la construction sont en forte hausse. En fait, « avec les données qu’on a aujourd’hui, il n’y a aucun modèle qui est viable », a-t-il même affirmé. L’homme d’affaires indique cependant que les terrains sont restés « trop longtemps en notre propriété » sans être développés et qu’il faut maintenant « passer à autre chose », soit la revente si jamais le projet n’aboutit pas.

Comme prochaine étape, la proposition de changement de zonage risque d’être soumise au conseil municipal prochainement.

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