1 novembre 2012
La déprime?
Par: Pierre Bornais

C’est le malaise qui nous guette si, durant des mois encore, la Commission Charbonneau poursuit l’étalage d’allégations mettant surtout en cause certains dirigeants politiques et des fonctionnaires véreux.

C’est le malaise qui nous guette si, durant des mois encore, la Commission Charbonneau poursuit l’étalage d’allégations mettant surtout en cause certains dirigeants politiques et des fonctionnaires véreux.

L’opération n’en est qu’à ses débuts puisqu’on y traite d’un passé récent (avant 2006-2008), et de certains secteurs seulement. La collusion n’est pas un phénomène récent, d’accord; au même titre que l’on dit que « partout où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie ». Mais au rythme où vont les choses, l’exception semble devenue la règle et avoir envahi une grande partie de la vie publique. Ce n’est pas une première; mais jusqu’à maintenant, toutes ces manigances touchaient surtout des groupes d’individus bien ciblés (syndicats, motards, crime organisé, etc.). Aujourd’hui, comme le soulignait l’ancien ministre Cournoyer, c’est au coeur même de la société que le phénomène est mis à jour; mettant en cause des gens ordinaires qui étaient – à ce jour – au-dessus de tout soupçon. Voilà qui en dit long sur la moralité qui mène notre société minée par le scepticisme en ce qui a trait à l’honnêteté des individus et des sociétés. De sorte qu’on y trouve de plus en plus de personnes qui, s’affirmant « pas pires que les autres », tournent les coins ronds. Si les travaux de la Commission ne conduisent qu’à une déprime collective face à la corruption généralisée, elle aura manqué un de ses objectifs majeurs. Car ce n’est pas tout de déballer son linge sale en public, encore faut-il que des mesures concrètes incitent les gens à retrouver un minimum du sens moral qui leur permettra de mieux comprendre que le bien public leur appartient en propre. Et que toutes les fois qu’on s’y attaque, notamment par la fraude, c’est à soi-même qu’on nuit au premier chef. -30-

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