4 octobre 2011
Centre Andrée-Perrault
La direction impose la loi du silence, selon le syndicat
Par: Le Courrier

L’avenir du service alimentaire du Centre Andrée-Perrault (CAP) de Saint-Hyacinthe continue de faire jaser. Tellement que la direction de l’établissement s’est sentie dans l’obligation de demander aux employés de ne divulguer aucune information sur le sujet aux résidents du centre d’hébergement.

Une consigne qui a soulevé l’ire du syndicat paratechnique du Centre de santé et des services sociaux Richelieu-Yamaska (CSSSRY).

« C’est la loi du silence ici! Fais ta job et tais-toi », dénonce la présidente Sylvie Lachambre au sujet de cette directive émise le 25 août, au lendemain d’une rencontre entre la direction et les bénéficiaires du CAP sur le service alimentaire.Le directeur général Daniel Castonguay aurait alors rappelé aux employés qu’ils n’étaient pas autorisés à divulguer les détails de la réorganisation du service alimentaire, selon Mme Lachambre. « Imaginez comment vont se sentir les employés face aux questionnements des résidents. Ils vont devoir peser leurs mots », s’indigne-t-elle en ajoutant qu’on aurait aussi interdit aux employés de fraterniser avec la clientèle.Faisant référence au plan d’action visant à accentuer l’approche Milieu de vie à l’Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe, Mme Lachambre déplore le double discours de l’employeur.« Comment va faire la direction pour inviter les employés de l’Hôtel-Dieu à avoir une attitude plus conviviale avec les résidents quand elle demande à ceux d’Andrée-Perrault de ne pas fraterniser avec les bénéficiaires? »

Une résidente déplore la situation

Isabelle Plourde, résidente au Centre Andrée-Perrault (CAP) et présidente du comité des résidents du CAP, trouve la situation déplorable.

« J’ai l’impression d’être revenue deux ans et demi en arrière lors de mon arrivée au CAP. Plus personne ne me parle. Je me sens très isolée. L’environnement n’est plus familial. C’est comme si j’étais à l’hôpital, c’est très impersonnel. »S’étant ouvertement prononcée contre le projet de modification du service alimentaire du CAP, Mme Plourde a rapporté lors de la rencontre du 24 août des informations provenant de certains employés. Le directeur général lui avait alors répondu qu’elle avait été mal informée et qu’il souhaitait d’ailleurs remettre les pendules à l’heure. À la suite de cette rencontre, Mme Plourde dit subir des dommages collatéraux. « Les employés sont allés dans le bureau de la direction et du jour au lendemain on m’appelait désormais Mme Plourde. Un employé m’a dit que les relations amicales entre intervenants et résidents n’étaient plus autorisées. »

La direction se défend

Du côté de la direction du CSSSRY, on explique que la directive n’avait pas pour objectif de limiter l’interaction entre les employés et les résidents du CAP.

Selon Claude Dallaire, directeur des communications et des relations publiques, les employés ont tous été convoqués le 25 août afin d’éviter la désinformation. « Ce que le directeur général a dit aux employés c’est : « Maintenant que vous connaissez le projet, on compte sur vous pour partager la bonne information. »Selon M. Dallaire, le message livré aux employés du CAP a donc été dénaturé. Il confirme toutefois qu’un avertissement a bel et bien été émis concernant les types de relation que pouvait entretenir le personnel avec les résidents, en lien avec le code d’éthique des employés du CAP.

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