5 octobre 2017
Usine Olymel
La fin d’une époque
Par: Martin Bourassa

Comme annoncé il y a un an, Olymel a mis fin aux activités de découpe de porcs de son usine de Saint-Hyacinthe vendredi dernier. Selon nos chiffres, ce sont quelque 133 employés qui ont perdu leur gagne-pain à ce moment.

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Heureusement qu’il y a eu des transferts dans les autres usines Olymel, des retraites et des départs volontaires en cours de route, car la claque aurait été encore plus brutale.
Plus de 400 employés travaillaient à cette usine l’an dernier et plus de 550 dans ses belles années. On parle d’emplois difficiles et exigeants, mais d’emplois bien rémunérés dans l’ensemble, surtout vu le niveau de scolarité exigé.À ce niveau, la perte est énorme pour la Ville de Saint-Hyacinthe et la technopole agroalimentaire puisque cette fermeture marque aussi la fin d’une époque. Il faut en effet tirer un trait localement sur les activités de transformation porcine qui remontent au milieu des années 1930 avec les premiers balbutiements de l’abattoir H.-St-Jean.
Quelque 80 ans plus tard, la région de Saint-Hyacinthe devra maintenant se contenter de l’élevage porcin et de ses désagréments et dire adieu aux emplois à valeur ajoutée. On ne remplace pas autant d’emplois de qualité du jour au lendemain. Et il ne faut surtout pas faire l’erreur de mettre sur un même pied ces emplois perdus et les dizaines de postes à temps partiel et au salaire minimum qui seront créés dans quelques semaines à peine au centre de congrès et à l’Hôtel Sheraton. Ce serait comme comparer des pommes et des oranges.
Parlant des désagréments liés à la production et aux activités d’Olymel, nous avons été surpris d’apprendre il y a quelques semaines que l’entreprise allait investir des millions de dollars dans une usine de traitement à Saint-Pie afin d’y traiter l’ensemble des boues liées à ses activités. Ce sont autant de boues qui auraient pu ou dû servir à alimenter l’usine de biométhanisation de Saint-Hyacinthe. On ne sait pas trop pourquoi, mais il n’y a pas eu de rapprochements entre la Ville de Saint-Hyacinthe et Olymel dans ce dossier. Dommage.
Encore une fois, on se consolera comme on peut en pensant aux actifs d’Olymel à travers la MRC des Maskoutains. L’entreprise demeure un employeur majeur et dynamique, avec la présence de son siège social sur la rue Pratte. Elle reste aussi un bon citoyen corporatif chez nous, même si certaines initiatives pour redorer son image à la suite de la décision de réduire ses activités n’ont pas eu le succès espéré.
Pensons à la marche contre la faim organisée le 9 septembre par Olymel au profit de la Moisson maskoutaine. Plusieurs ont trouvé cette initiative assez particulière quelques jours avantla mise à pied massive et définitive de 133 travailleurs. Peu d’employés de l’usine maskoutaine ont répondu à cette invitation et on les comprend. L’idée était bonne et la cause noble, mais le moment choisi assez ordinaire merci.

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