18 avril 2019
Carte blanche
La forêt qui brûle
Par: Christian Vanasse
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Le spectaculaire incendie de Notre-Dame de Paris, l’un des plus beaux joyaux patrimoniaux de la France et j’oserais dire du monde entier, a suscité une émotion planétaire. Bon, peut-être pas au Yémen où ils voient leur patrimoine exploser chaque jour, mais bon, de la Chine à la Russie aux États-Unis en passant par la communauté musulmane française, ils furent unanimes à déplorer cette perte immense et à offrir aide et support.

Alors que les pompiers combattaient encore l’incendie ravageant la cathédrale, le président Macron lançait le « projet » : la rebâtir en 5 ans, plus belle qu’avant. En moins de 24 h, les milieux d’affaires et les grandes fortunes de France avaient mis sur la table plus d’un milliard de dollars pour la préservation de ce joyau. N’en doutez pas, j’applaudis sans cynisme aucun à cet empressement, même s’il se fait à grand coup de pub et de crédits d’impôt. J’ai aussi été touché par ce drame aussi réel que symbolique. Particulièrement lorsque j’ai appris que l’immense voûte où le feu aurait pris naissance était surnommée « la forêt ». En effet, la gigantesque charpente de bois du XIIIe siècle était constituée de 1300 chênes, ce qui représente une superficie de 24 hectares de forêt! Pis une forêt qui brûle, moi, ça vient me chercher. Comme des glaciers qui fondent, des océans qui s’acidifient, des espèces qui disparaissent pis un climat de plus en plus bipolaire.

Alors oui, j’applaudis des deux mains à cette volonté manifeste du milieu politique et des affaires pour sauver le patrimoine bâti de l’humanité, mais j’applaudirais encore plus fort, debout sur mon siège avec des bravos et des hourras, lorsqu’on mettra autant d’énergie, de volonté et de fric à sauver l’humanité elle-même. Pour les pierres, je veux bien, mais pour les humains, il est où le projet?

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