17 septembre 2015
La liste d’épicerie
Par: Martin Bourassa
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Comme c’est de coutume et de bonne guerre en période électorale, le maire de la Ville de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, a adressé la liste des priorités du conseil aux ­candidats à l’élection du 19 octobre dans Saint-Hyacinthe/Bagot.

Dans le jargon, on appelle ça dresser sa liste d’épicerie. Les maires de Montréal et de Québec ont fait la même chose, sauf qu’ils ont habituellement l’oreille du premier ministre et des chefs des principaux partis.

Saint-Hyacinthe n’a pas cette écoute et encore moins cette influence.

N’empêche qu’il est opportun de se ­manifester et de faire sa liste, ne serait-ce que pour faire son propre ménage parmi l’ensemble de nos propres dossiers.

Sans grande surprise, la Ville de Saint-Hyacinthe réclame un soutien financier pour permettre la construction du centre des congrès. Combien? Allez donc savoir. Nous ignorons si la Ville est elle-même en mesure de quantifier ses propres attentes à ce stade-ci, tant le dossier progresse en vase clos. On devine qu’elle souhaite recevoir autant d’argent que les autres municipalités en ont reçu pour des projets similaires par le passé. Pas certain que le fédéral soit fort au jeu des devinettes cependant.

La Ville demande aussi le soutien financier du fédéral pour son projet de traverse de voies ferrées dans l’axe du boulevard Casavant. Encore là, la Ville n’est pas en mesure de chiffrer ses attentes. Le contraire serait surprenant dans la mesure où elle ne sait même pas encore si elle ­optera pour un tunnel ou un viaduc. On est dans le flou pas à peu près. À la place des candidats locaux, on serait tenté de dire à la Ville de commencer par se ­brancher elle-même avant de quémander de l’argent.

La Ville exige également une subvention pour son projet d’aménagement de la ­nouvelle Promenade Gérard-Côté, un ­projet de réfection estimé à 10 M$ dans ­lequel la Ville prévoyait mettre 350 000 $ cette année, et le reste en 2016.

On n’a pas encore vu la couleur d’une ­réfection à ce jour sur la Promenade.

Enfin, la liste d’épicerie du maire Corbeil évoque la possibilité d’obtenir des leviers économiques fédéraux afin de stimuler le développement de l’aéroport de Saint-­Hyacinthe. Celle-là nous ne l’avons pas vu venir dans la mesure où on cherche encore concrètement ce qu’a fait la Ville de Saint-Hyacinthe depuis 2013 et même avant, outre de minimes subventions, pour ­stimuler elle-même cet aéroport privé.

Nous ignorions même jusqu’ici que cet aéroport était sur le radar de la Ville.

Parmi les réactions attendues, celles de la conseillère Brigitte Sansoucy, candidate du NPD dans le comté, ne manque pas d’intérêt. Disons qu’elle est bien placée pour apprécier la liste de la Ville et surtout pour mesurer son manque de précision.

Mme Sansoucy est bien placée pour ­savoir qu’en politique, que ce soit au niveau municipal, provincial ou fédéral, il est ­souvent plus facile de demander que de ­livrer la ­marchandise. Réclamer des subventions est une chose, présenter à l’appui de ses ­demandes des dossiers complets, étoffés et bien ficelés en est une autre.

Dans ce domaine, la Ville de Saint-Hyacinthe a encore du travail à faire.

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