7 juillet 2011
La Maison Dessaulles n’est plus qu’un souvenir
Par: Le Courrier
La démolition de la Maison Dessaulles a été plus complexe que prévu. Le renversement de la pelle mécanique a entraîné une série d'incidents.

La démolition de la Maison Dessaulles a été plus complexe que prévu. Le renversement de la pelle mécanique a entraîné une série d'incidents.

Après de multiples tergiversations, on a finalement procédé à la destruction de la Maison Georges-Casimir Dessaulles aux premières heures lundi matin.

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Au terme de sept mois d’efforts, les défenseurs du patrimoine ont dû rendre les armes et assister avec impuissance à la démolition de la vénérable demeure.

Il aura fallu à peine deux heures de travail aux ouvriers de la firme Bertrand Mathieu pour abattre les murs de la résidence d’époque partiellement détruite par un incendie en novembre dernier. Une dizaine de curieux ont assisté au triste spectacle.L’opération a toutefois donné du fil à retordre aux démolisseurs.À un certain moment, le sol instable a fait basculer la pelle mécanique en bas du tas de débris sur lequel elle se trouvait. Dans sa chute, la machinerie a déraciné un arbre qui s’est abattu sur deux voitures garées dans le stationnement arrière d’un bureau de dentistes de la rue Girouard. L’opérateur de la pelle mécanique n’a pas été blessé. L’incident a toutefois provoqué un déversement de diesel qui a nécessité l’intervention du Service des incendies de la Ville de Saint-Hyacinthe.Des témoins de la scène ont aussitôt associé ce coup du destin à une sorte de vengeance de Casimir Dessaulles envers ceux qui ont réduit sa maison en poussière. Il aura fallu la présence en renfort de machinerie plus puissante pour remettre la pelle mécanique sur ses chenilles et compléter l’opération.

Déception

Rencontré sur place, l’un des propriétaires de la Maison Dessaulles, le notaire Daniel Saint-Pierre, s’est quand même dit déçu par cette conclusion. « On a été bon joueur, si on avait pu la sauver, on l’aurait fait », a affirmé M. Saint-Pierre. Il a aussi répété que le prochain bâtiment préserverait le plus possible la mémoire de Georges-Casimir Dessaulles.

Parmi les curieux qui ont assisté à la démolition, plusieurs se sont dits déçus que la Ville de Saint-Hyacinthe ne soit pas intervenue pour assurer la sauvegarde de la maison. « Cela aurait été une bonne chose d’au moins préserver la façade », a commenté Guy Fautré, un voisin. Une passante souhaitant conserver l’anonymat a exprimé sa colère envers l’administration municipale. « La Ville ne prend pas soin du patrimoine. Après l’Arche de l’exposition agricole, c’est la Maison Dessaulles », s’est-elle indignée. « C’est une tragédie », s’est exprimé Samuel Pineault, tout en immortalisant la démolition sur vidéo. Il souhaite réaliser un documentaire sur la vie d’une des illustres résidentes de la maison et fille de Casimir, Henriette Dessaulles, surnommée Fadette. Fait à signaler, plusieurs Maskoutains ont quitté les lieux en prenant soin de récupérer une brique en souvenir de la célèbre maison de celui qui a été maire de la Ville de Saint-Hyacinthe de 1868 à 1879 et de 1886 à 1897, député libéral de 1897 à 1900 et nommé sénateur en 1907. Il s’est éteint le 19 avril 1930 à l’âge de 102 ans et 6 mois.

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