6 février 2020
Transaction dans le secteur des centres d’hébergement
La Maison Marie-Luce-Labossière vendue
Par: Martin Bourassa

La Maison Marie-Luce-Labossière de Saint-Hyacinthe vient d’être acquise par le Groupe Excelsoins. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Benoit Chartier, président de la Fondation Denis-Chartier. Photothèque | Le Courrier ©

À l’aube de son 25e anniversaire de fondation, la Maison Marie-Luce-Labossière de Saint-Hyacinthe passe sous le giron du secteur privé. La résidence d’hébergement et de convalescence, dédiée à une clientèle âgée dans le besoin et administrée jusqu’ici par la Fondation Denis-Chartier, vient d’être acquise par le Groupe Excelsoins.

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Ce dernier est un joueur important du secteur des soins et services personnalisés à une clientèle en perte d’autonomie au Québec, lui qui possède déjà sept autres résidences dans la région de Montréal, en Montérégie et en Estrie.

Le montant de la transaction n’a pas été révélé par les parties impliquées.

La décision de se départir de la Maison Marie-Luce-Labossière n’a pas été facile à prendre, reconnaît Benoit Chartier, président de la Fondation Denis-Chartier, mais elle s’imposait. Cette résidence a pris un essor considérable depuis sa fondation en avril 1995 et la charge de travail était devenue trop lourde pour les ressources limitées de la Fondation, dont la mission de départ consistait à soutenir financièrement les activités de cette ressource et non à l’administrer comme elle le fait actuellement.

« Pour assurer une qualité de soins optimale à nos résidents et consolider les activités de la résidence et assurer sa pérennité, l’option la plus réaliste était de la céder à une entreprise qui a fait ses preuves et qui partage nos valeurs. Une entreprise à échelle humaine comme Excelsoins. Je suis particulièrement heureux de cette conclusion qui assure des jours encore meilleurs à nos résidents », a expliqué M. Chartier.

Pour les quelque 75 résidents et la cinquantaine d’employés de la Maison Marie-Luce-Labossière, la transition se fera en douceur. « Lors des négociations, je me suis assuré que les résidents actuels puissent bénéficier d’un droit acquis au niveau des coûts, mais aussi des soins et des services qu’ils reçoivent. Et personne ne perd son emploi », a-t-il précisé avec satisfaction.

La petite histoire

Le pavillon Marie-Luce-Labossière a vu le jour grâce au legs testamentaire de cette Montréalaise qui avait été soignée à Saint-Hyacinthe par le Dr Gilles Cuirot. Entre ses traitements, Mme Labossière séjournait chez les Sœurs de la Charité, à même la résidence Marguerite-d’Youville, où l’idée de créer une ressource d’hébergement pour les personnes atteintes de cancer comme elle a germé.

Au décès de Mme Labossière, son rêve est devenu réalité grâce à l’implication de la communauté religieuse, de la Fondation Denis-Chartier et de l’aide précieuse de Mme Olivette Beauregard, première directrice générale du pavillon Marie-Luce-Labossière. Dix-sept lits aménagés dans une aile de la résidence ont accueilli leurs premiers malades le 27 avril 1995. Des dizaines s’ajouteront au fil des ans. En novembre 2012, les Sœurs de la Charité ont cédé la Maison Marie-Luce-Labossière à la Fondation Denis-Chartier, ce qui avait été présenté à ce moment comme l’un des plus importants dons de l’histoire de Saint-Hyacinthe.

« Depuis quelques années, le conseil d’administration avait un peu plus de mal à s’y retrouver et à maintenir le cap au niveau de la mission de départ. Ajoutez à cela les contraintes avec le ministère de la Santé, les normes de sécurité, la gestion de personnel en situation de pénurie de main-d’œuvre, c’était devenu assez lourd, trop lourd comme responsabilité pour une œuvre de bienfaisance comme nous », a résumé Benoit Chartier, en remerciant les membres du conseil d’administration.

En tournant la page sur une partie prenante de sa vie et 25 ans de bénévolat consacrés à cette résidence, Benoit Chartier n’a pas manqué de souligner sa reconnaissance avec tous ceux qui l’ont accompagné dans cette belle aventure. « Je tiens à remercier les bénévoles de la Maison, les membres du personnel et la directrice générale Françoise Nadeau pour sa passion et son amour. Sans elle, il n’y aurait plus de résidence aujourd’hui et je lui souhaite une belle retraite. Merci également au comité organisateur de l’Omnium Denis-Chartier. »

Ce tournoi de golf-bénéfice toujours très couru avait fait l’impasse sur ce qui devait être sa trentième édition l’été dernier, après avoir amassé 1,4 M$ depuis ses débuts pour soutenir les opérations de la résidence. Dans le contexte d’une vente imminente, le comité organisateur avait jugé qu’une telle activité était inappropriée.

Benoit Chartier n’a aussi que de bons mots à l’égard des Sœurs de la Charité.« Je les remercie de la confiance qu’elles m’ont toujours témoignée et je tiens à les rassurer, l’œuvre de Marguerite d’Youville va se poursuivre autrement. Nous continuerons de soulager la misère, la pauvreté et d’aider les malades. Nous allons repenser et recentrer la mission de cette fondation qui a vu le jour à la suite du décès de mon père, mort d’un cancer à l’âge de 58 ans. Elle ne s’éteindra pas. »

Le fruit de cette transaction, réalisée avec le support et l’expertise « inestimables » des professionnels de Via Capitale Affaires, de Deloitte et de Sylvestre & Associés, sera remis à la Fondation Denis-Chartier. Celle-ci verra à former un comité de dons et à sélectionner bon an mal an les causes et organismes bénéficiaires en lien avec la nouvelle orientation de la fondation. La nouvelle résidence sera désormais connue sous le nom de Résidence Marie-Luce-Labossière | Groupe Excelsoins.

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