16 avril 2015
La mauvaise blague
Par: Christian Vanasse
publicité

Samedi dernier, une véritable marée humaine a réalisé la plus grande marche environnementale dans l’histoire de ­Québec. Plus de 25 000 personnes selon les chiffres de la police, toujours très ­conservatrice, particulièrement à Québec, ont défilé pour rappeler aux ministres provinciaux réunis dans la Vieille Capitale, l’urgence de s’occuper des ­changements climatiques.

Citoyens de partout au pays, Premières Nations, syndicats, étudiants, groupes communautaires, scientifiques, tous ­brandissaient le même message : soyons sérieux, bout de viarge!

Bon, ok, peut-être qu’ils ne l’ont pas dit exactement comme ça, je paraphrase. Mais reste que la situation est grave tant sur le plan humain qu’économique (puisqu’il faut toujours parler de piasses) et ­pourtant… on entend rigoler en face.

Les radios d’opinions se gaussaient : « Les « enverdeurs » nous parlent de réchauffement, mais avec des tuques et des mitaines! Allô? ». C’est malheureusement ce qui arrive quand on n’a pas les capacités intellectuelles pour faire la différence entre climat et météo. On finit par confondre Hubert Reeves avec Mme Minou.

La bêtise est même au pouvoir. Le ministre de l’Alberta, qui ne daigne même pas discuter avec ses homologues, affirme sans rire que sa province est un modèle en matière de lutte contre les changements climatiques, alors qu’elle produit plus de GES que ­l’Ontario et le Québec réunis!

Mieux, au ministère de l’Environnement albertain, on se félicite de rendre service à la nature en extrayant le bitume des sables, même si au passage il faut raser la forêt, ­assécher les rivières, scraper durablement la faune et la flore.

Et notre premier ministre, Philippe d’Arabie, applaudit cette mauvaise blague d’une main et de l’autre ouvre la vanne pour faire passer le pétrole sale sur nos terres et notre fleuve. Soyons sérieux, bout de viarge!!!

image