22 mars 2012
Décès de Guy Boucher
La mort d’une coqueluche
Par: Martin Bourassa

Le décès de l’animateur, chanteur et comédien Guy Boucher, natif de Saint-Hyacinthe, a été annoncé dimanche soir. L’homme de 68 ans a rendu l’âme à l’Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe où il séjournait depuis quelque temps déjà.

Son décès a été souligné pendant le bulletin de nouvelles de Radio-Canada, dans les journaux et les magazines à potins qu’il a largement alimentés pendant les années plus lumineuses et tourmentées de sa vie.

Chanteur de charme rendu populaire par le succès Devant le juke-box en 1966, il a surtout connu le succès à titre d’animateur à la télévision. On l’a vu à Jeunesse oblige sur les ondes de Radio-Canada, ainsi qu’à la populaire émission Les Coqueluches en compagnie de Gaston L’Heureux de 1974 à 1980. Il sera même de la distribution de la populaire série Les Berger à Télé-Métropole.En 1983, il sera éclaboussé par une obscure histoire de vol dans une résidence de Saint-Hyacinthe et passera six mois à l’Abbaye de Saint-Benoit-du-Lac.Les plus jeunes se souviendront peut-être de l’avoir vu lors de son retour au petit écran, à l’animation du quiz Double-jeu ou encore aux côtés de soeur Angèle à la fin des années 1980 pour les émissions culinaires La Fourchette d’or ou encore La Fouchette des vedettes. Après quelques années passées à l’animation d’Évangélisation 2000 à la télé communautaire, il serait revenu finir ses jours à Saint-Hyacinthe.

Un ami se souvient

Claude Grisé, enseignant à la retraite du Cégep de Saint-Hyacinthe, a bien connu Guy Boucher à une certaine époque. Il a dépeint son ami d’enfance comme « un grand séducteur, un éternel adolescent, un être d’une générosité incomparable et un magnifique compagnon qui vivait l’instant présent au jour le jour ».

M. Grisé se souvient de sa première rencontre avec le jeune Boucher et de leur destin passablement lié à une certaine époque. Ils ont tous les deux étudié au Séminaire de Saint-Hyacinthe et joué la comédie au Donjon, un petit théâtre aménagé à l’étage du journal Le Clairon à la fin des années 1950 au centre-ville de Saint-Hyacinthe. Ils ont aussi été annonceurs à la radio CKBS à Saint-Hyacinthe à ses débuts, puis étudié ensemble à l’École nationale de Théâtre à Montréal.« Guy n’a pas terminé son cours classique, ni sa formation à l’École nationale, se souvient Claude Grisé. Il commençait bien des choses sans les terminer. Il était comme ça, mais il faut dire qu’on se l’arrachait à cette époque à Radio-Canada. Il avait tout pour lui, une belle gueule, une belle voix, il chantait bien, bref tout pour faire carrière dans l’animation et la fantaisie. Il a été adoré du public pendant de longues années. »La chute a été d’autant plus vertigineuse, accélérée par des déboires financiers et amoureux, selon son ami d’enfance. « L’homme a toujours été passablement dur à suivre, il était en recherche continuelle d’absolu, ce qui explique sans doute qu’il ait été attiré par la vie monastique à une certaine époque. Les dernières années de sa vie n’ont pas été glorieuses. Il était malade, mal en point et il n’était plus que l’ombre de lui-même. Qu’il soit décédé sans le sou et dans l’oubli est d’une infinie tristesse. »

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