4 février 2021
La PHD perd un enseignant d’exception
Par: Rémi Léonard

Benoit Marcheterre enseignait l’univers social à la polyvalente Hyacinthe-Delorme. Photo Centre de services scolaire de Saint-Hyacinthe

À travers chaque parcours scolaire, il y a nécessairement des enseignants qui nous marquent plus que d’autres. Parfois, ils nous donnent la motivation nécessaire pour continuer ou nous font découvrir une nouvelle passion. Pour les plus chanceux, un professeur d’exception peut même devenir un modèle qui va nous inspirer le reste de notre vie.

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À voir la quantité et l’émotivité des témoignages qui abondent ces derniers jours pour rendre un dernier hommage à Benoit Marcheterre, cet enseignant en univers social de la polyvalente Hyacinthe-Delorme (PHD) décédé récemment, on réalise qu’il est parvenu à avoir un impact notable dans la vie d’un nombre impressionnant d’élèves au fil des années. Malgré le deuil, quatre de ceux qui l’ont bien connu ont accepté de livrer un témoignage au COURRIER pour tenter d’expliquer ce qui faisait de Benoit Marcheterre cet enseignant exceptionnel.

Ce qui est certain, c’est que dans la classe de M. Marcheterre, l’enseignement était tout sauf ordinaire, assure son collègue Frédéric Gagnon, qui était surtout son meilleur complice à la PHD. « Il aimait beaucoup enseigner… et ça paraissait », a-t-il décrit avec émotion, parlant d’un prof qui « savait comment capter l’attention des jeunes » par son humour omniprésent et les activités qu’il organisait. Benoit, c’était aussi un homme qui était toujours là pour les autres, surtout ses élèves, à qui il accordait beaucoup de temps, notamment pour écouter. Dans la classe ou dans la salle de profs, il se faisait un point d’honneur d’établir un réel esprit de groupe. « C’était celui qui mettait une ambiance, qui créait les moments », au point où sa réputation le précédait, a décrit M. Gagnon. « Si Benoit était là, tu savais qu’il allait se passer de quoi », rapporte-t-il en parlant de ce charismatique joueur de tours.

« C’est le genre d’enseignant qui te fait lever avec un sourire le matin parce que tu sais que tu l’as en première période », s’est quant à lui rappelé Xavier Desjardins, aujourd’hui éducateur spécialisé à la PHD, mais qui a eu M. Marcheterre comme professeur plus jeune. Arrivant dans une nouvelle école au milieu du secondaire, l’adolescent avait alors bien besoin de cette figure qui parvenait toujours « à te remonter le moral pour un p’tit bout ». « C’était comme la mascotte de l’école », image-t-il. Même si, du premier coup d’œil, le coloré enseignant attirait l’attention avec ses tatouages et ses shorts à l’année (!), il ne s’agissait pas que d’une façade, a aussi décrit Xavier. Tous ont d’ailleurs parlé d’un homme original à l’authenticité sans faille. « Il a toujours été lui-même. C’était… Benoit, il n’y a pas d’autre manière de le dire », a commenté Xavier Desjardins.

Lui et un groupe d’amis ont même planifié se faire tatouer en son honneur quelque chose qui leur rappellera Benoit pour toujours. Autre hommage spontané, plusieurs élèves de la PHD ont décidé d’arborer les shorts cette semaine [oui, malgré la tempête!] dans un clin d’œil humoristique à M. Marcheterre, a rapporté celui qui a en quelque sorte suivi sa trace en devenant éducateur spécialisé à la même école. « Il m’a légué un modèle idéal en tant que personne », livre Xavier Desjardins.

Une bonne humeur contagieuse

Outre ses qualités pédagogiques, la principale expertise de Benoit Marcheterre était aussi de savoir à tout coup comment « te tirer un sourire lorsque tu le croisais dans l’école », a aussi affirmé Pierre-Yves Champigny, un enseignant de la PHD. « Il mettait beaucoup de bonheur autour de lui. C’était vraiment une boule d’énergie », a-t-il témoigné en décrivant avec admiration un « enseignant unique en son genre » qui était vraiment « dans une classe à part ».

Commentaire récurrent, tous ont souligné à quel point son côté bouffon ne l’empêchait en rien d’émettre des opinions réfléchies au besoin, s’attirant ainsi le respect de ses pairs. Pour faire voyager en dehors de son école ses traits d’humour et les gribouillis qu’il affectionnait tant, il partageait d’ailleurs le quotidien des enseignants sur les réseaux sociaux grâce à sa page humoristique « Monsieur Marcheterre », qui lui servait « d’exutoire », a aussi indiqué Frédéric Gagnon.

Pour un autre de ses amis, Jean-Philippe Loignon, Benoit Marcheterre n’aura réalisé rien de moins qu’une « feuille de route parfaite » en tant qu’humain, tout en parvenant à rester toujours fidèle à lui-même. Ce passionné l’a tout de suite impressionné par son ouverture d’esprit et son honnêteté. Bien malgré lui, ce prof « champ gauche » illustre avec brio toute la reconnaissance qu’on doit accorder au rôle d’enseignant, a aussi fait remarquer Jean-Phillipe Loignon en cette semaine où leur profession est justement à l’avant-plan.

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