25 octobre 2018
La pulsion musicale de Philippe Brach
Par: Maxime Prévost Durand
Philippe Brach n’est pas de ceux qui se fixent des limites lorsque vient le temps de créer. Il se laisse guider par les pulsions qui l’animent. Photo François Larivière | Le Courrier

Philippe Brach n’est pas de ceux qui se fixent des limites lorsque vient le temps de créer. Il se laisse guider par les pulsions qui l’animent. Photo François Larivière | Le Courrier

Au cours de la fin de semaine, Philippe Brach pourrait repartir avec de nombreux prix dans le cadre du Gala de l’ADISQ. On le retrouve parmi les favoris avec six nominations, notamment dans les catégories d’Interprète masculin de l’année, d’Auteur ou compositeur de l’année et d’Album de l’année. Mais avant toute chose, il s’arrêtera au Centre des arts Juliette-Lassonde vendredi soir pour présenter le spectacle de sa plus récente tournée, qui est lui aussi en nomination dimanche.

Avec son troisième album, Le silence des troupeaux, Philippe Brach semble ne s’être fixé aucune limite. L’orchestration est parfois grandiose, voire épique, puis d’autres fois toute en simplicité avec comme seul instrument une guitare acoustique. Tout ça a sûrement à voir avec le fait qu’en création, le chanteur ne se pose jamais de questions. « Je marche beaucoup avec la pulsion du moment », avoue-t-il dans un entretien avec LE COURRIER.

S’il a annoncé cette semaine qu’il fera un spectacle avec orchestre à la Maison symphonique de Montréal en mars, Philippe Brach ne peut évidemment pas se permettre un tel luxe pour toutes les dates de sa tournée québécoise. Mais même s’il ne peut tout reproduire sur la scène, le chanteur n’est pas de ceux qui vont se mettre des barrières en studio. « Je ne m’empêcherai pas de faire quelque chose sur l’album parce que je ne peux pas le faire sur la scène. Au contraire, je trouve que c’est ça la valeur du studio : je peux expérimenter et faire des trucs à des proportions que je ne peux me permettre sur la scène. »

En spectacle, il en profite plutôt pour donner de nouvelles couleurs à ces pièces qui sont plus riches en instrumentation sur disque. « On va ailleurs. Comme pour “Crystel”, on enlève les lignes de cordes et ça donne quelque chose de plus rock », cite-t-il en exemple à propos de cette chanson que l’on retrouve sur son album précédent, Portraits de famine.

Des photos avec Chouette à voir!

Pour Le silence des troupeaux, Philippe Brach a décidé de faire du CD un objet unique, avec une forme atypique, pour que les gens veuillent le conserver. « Des CD, il n’y en a plus nulle part. Les nouvelles voitures n’ont pas de lecteur CD, les ordinateurs non plus. On a donc voulu faire un objet que les gens puissent avoir dans leurs mains et qui soit le fun à garder même si on cr*** le CD au bout de nos bras. »

À l’intérieur du livret, on retrouve même une touche maskoutaine. Grand amoureux des animaux, le chanteur a fait appel à l’UQROP et au site de Chouette à voir!, à Saint-Jude, pour certaines photos. « Je voulais que ce soit léché, que ce soit propre, soutient-il. Je trouvais que la chouette effraie, ça faisait Harry Potter, il y avait quelque chose de magique. Le photographe Christian Blais a vraiment été next level. Sa photo a même gagné un prix. »

Son expérience à Chouette à voir! l’a même amené à s’intéresser à la fauconnerie après la séance de photos. « J’ai fait un cours de fauconnier et j’ai appris un peu les rudiments, raconte-t-il. C’est quand même étrange parce que tu peux avoir un faucon pendant 15 ans de temps, mais si tu le laisses s’envoler pendant qu’il a le ventre plein, il va juste sacrer son camp. Fat bird is a lost bird. Mais on s’éloigne du sujet là… »

Des projets plein la tête

Outre la tournée à laquelle il se consacre ces mois-ci, Philippe Brach a mille et une idées de projets sur lesquels il souhaite se pencher en plus de la musique, que ce soit l’écriture d’un livre ou d’une émission de télé pour enfants, notamment. L’artiste avait également fait paraître deux livres à colorier par le passé.

« Pour cette tournée, j’ai demandé à faire un peu moins de shows que la précédente parce que ça n’avait juste pas d’allure, soutient celui qui a été sacré Révélation de l’année en 2015. En ayant moins de shows, ça me permet de travailler sur ces autres projets que j’avais mis sur la glace et que je veux mettre en branle depuis longtemps. » Venant de Philippe Brach, on peut s’attendre à tout.

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