10 mai 2012
Les héros du jeudi
La réussite au bout du pied
Par: Maxime Desroches
Louis-Philippe Simoneau a été dominant au poste de botteur à sa première saison avec les Élans du Collège François-Xavier-Garneau.

Louis-Philippe Simoneau a été dominant au poste de botteur à sa première saison avec les Élans du Collège François-Xavier-Garneau.

Le jeune Louis-Philippe Simoneau, de La Présentation, a pris d’assaut la ligue collégiale de football division 1 au poste de botteur lors de sa saison recrue, à l’automne 2011. Évoluant avec les Élans du Collège François-Xavier-Garneau, à Québec, l’ancien des Patriotes de l’école Saint-Joseph a hérité du titre de joueur par excellence des unités spéciales et fait assurément partie des joueurs à surveiller de près sur le circuit collégial.

L’athlète de 17 ans méritait pleinement cet honneur, ayant été nommé à cinq reprises le joueur de la semaine des unités spéciales en seulement 10 semaines d’activités.

Le principal intéressé explique avoir décidé après sa dernière campagne avec l’ESSJ qu’il voulait poursuivre au poste de botteur, une position qui requiert énormément de technique et une force de concentration à toute épreuve. C’est d’ailleurs sur ces deux aspects que Louis-Philippe consacre temps et énergies depuis maintenant cinq ans avec Denis Boisclair, une sommité au Québec dans l’enseignement des trois types de bottés (précision, dégagement et envoi).« L’approche de Denis tient compte à la fois de l’aspect mental et de l’aspect technique car la position de botteur, ça se passe beaucoup entre les deux oreilles. Il m’a d’ailleurs conseillé d’essayer le yoga, que je pratique depuis quelques années, pour travailler sur ma concentration et ma respiration, et pour améliorer ma flexibilité », raconte celui qui a maintenu une moyenne de 50,4 verges sur les bottés d’envoi et de 35 verges sur les bottés de dégagement à sa saison recrue avec les Élans.

Direction Texas

En mars, l’athlète de 6 pieds et 210 livres a participé au camp d’évaluation de l’équipe canadienne en vue des championnats mondiaux de football junior, lesquels auront lieu à Austin, au Texas, du 28 juin au 8 juillet. Louis-Philippe s’est mesuré à une quinzaine de botteurs présents, en plus de ceux ayant tenté leur chance à l’une ou l’autre des trois autres sélections, tenues en Saskatchewan, en Ontario et en Nouvelle-Écosse.

L’entraîneur-chef de l’équipe, Noël Turp, a tellement aimé ce qu’il a vu du jeune Simoneau qu’il s’est empressé de le désigner au poste de botteur.« L’identité des joueurs choisis était censée être connue à la mi-avril, mais j’ai reçu un appel deux semaines plus tôt que les autres. Pour l’instant, 35 des 45 membres d’Équipe Canada ont été dévoilés. Deux de mes coéquipiers chez les Élans en font aussi partie. On a tous bien hâte de représenter notre pays sur la scène mondiale », affirme celui qui affrontera l’élite des joueurs de football de 19 ans et moins.« Je me réjouis pour Louis-Philippe. Sa place, il ne l’a pas volée et il pourra évoluer dans un stade contenant entre 35 000 et 40 000 sièges. Ce sera toute une expérience pour un jeune de son âge », note son père, Michel.

Les recruteurs y seront

Même s’il préfère se concentrer sur le travail à accomplir, Louis-Philippe sait pertinemment que lors d’une compétition de cette envergure, les recruteurs des rangs collégiaux américains seront présents en masse, à la recherche de la prochaine perle rare. Il précise que cela ne l’effraie pas outre mesure.

« À la position de botteur, on est continuellement confronté à la pression. Il faut être capable de la soutenir. Je suis reconnu pour avoir cette capacité de performer quand ça compte le plus », mentionne celui qui aspire aussi à devenir enseignant d’éducation physique.« J’ai encore deux ans devant moi pour m’améliorer dans la ligue collégiale avant d’être éligible aux rangs universitaires. C’est encore bien loin tout cela. Mais je sais que si j’impressionne cet été, c’est possible que je reçoive une enveloppe ou un courriel d’universités américaines. On verra une fois rendu là ce qui me convient le mieux. »Puissance et précision. Telles sont les qualités de tout bon botté. Ayant déjà à son actif deux bottés de placement de 42 verges réussis en situation de match et un de 56 verges (!) à l’entraînement, le meilleur semble être à venir pour Louis-Philippe Simoneau.

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