23 avril 2015
La salade libérale
Par: Martin Bourassa

Curieux de nature, nous ne ­voulions pour rien au monde rater la conférence donnée la semaine dernière par Jean-Denis Girard devant notre Chambre de commerce et de l’industrie. Jean-Denis Qui?

Jean-Denis Girard. Ce n’est pas le plus connu des députés libéraux du Québec, mais le député de Trois-Rivières est aussi et surtout ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises, à l’allègement ­réglementaire et au Développement ­économique régional. D’où notre intérêt pour la chose.

Bien entendu, la visite d’un ministre ­délégué n’est pas de nature, en temps ­normal, à faire courir les foules. C’est un ministre sans portefeuille.

Donc rien de bien excitant, sauf dans un contexte d’austérité et de chambardement de structures. Il venait nous vendre le plan de relance gouvernemental pour les PME et la mise en place du guichet unique Entreprises Québec, une sorte de passage obligé sur le web pour tous les entrepreneurs du Québec. Il a donc vendu sa salade, en ­insistant sur la mobilisation régionale et sur le fait que le gouvernement n’est pas là pour créer des emplois. Cette conférence n’a pas mobilisé grand monde, disons-le ­franchement.

Les annonces et réformes libérales depuis un an ont plutôt eu l’effet contraire, soit ­celui de démobiliser, de désorganiser et de démotiver bien des intervenants.

C’est d’ailleurs pour la dernière partie de sa carte professionnelle que nous nous étions déplacés pour l’entendre, celle qui concerne le développement économique régional.

Nous étions curieux de voir si les ­Maskoutains allaient oser lui remettre sur le nez les décisions libérales controversées dans ce domaine. Pensons à l’abolition des Conférences régionales des élus, au régime sec, voire au démantèlement forcé des centres locaux de développement et à ­l’improvisation mixte en ce qui concerne les Forums jeunesse et autres organismes d’employabilité dédiés aux jeunes.

La courte période de questions aura ­permis de constater que la salade du ­ministre n’a convaincu, ni rassasié ­personne. Encore heureux qu’on ait limité les questions à deux ou trois, car le ministre aurait passé un bien mauvais quart d’heure.

La dame de Parcours-Formation, ­l’organisme responsable de la Formation ­continue au sein de la Commission scolaire, n’a pas paru impressionnée par le guichet unique, qui semble être un copier-coller de ce qui existe déjà. Quand on connaît les ­problèmes du gouvernement à négocier les virages informatiques, il est certes permis de s’inquiéter.

Même scepticisme également de sa part sur la façon dont les organismes de ­formation continue pourront faire leur place dans tout cela, et sur l’idée libérale de s’appuyer sur des mentors bénévoles en ­région pour assurer l’essor de nos PME.

La directrice générale de Forum 2020 s’est également dite inquiète du ­désengagement de l’État à l’égard des organismes comme le sien. Des ­programmes aux effets concrets et durables pour les immigrants en région ont déjà dû être mis sur la glace, a-t-elle dit.

Le ministre Jean-Denis Girard n’était pas en terrain conquis d’avance en Terre ­d’innovation. Et de fait, il n’aura conquis le coeur de personne.

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