12 novembre 2020
COVID-19
La santé publique a Saint-Hyacinthe à l’œil
Par: Maxime Prévost Durand

Devant une situation « préoccupante » à Saint-Hyacinthe en lien avec la COVID-19, le maire Claude Corbeil a tenu un point de presse mercredi, en compagnie de la directrice régionale de santé publique, Dre Julie Loslier, dans le but de sensibiliser à nouveau les citoyens à respecter les consignes sanitaires. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La situation entourant la COVID-19 à Saint-Hyacinthe et dans la MRC des Maskoutains continue d’attirer l’attention de la Direction de santé publique de la Montérégie alors que le taux de transmission demeure le deuxième plus élevé en Montérégie, après la MRC d’Acton.

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Encore cette semaine, on dénombrait 140 nouveaux cas déclarés sur le territoire de la MRC des Maskoutains pour la période du 3 au 9 novembre. Au même moment, la ville de Saint-Hyacinthe surpassait la barre des 1000 cas recensés depuis le début de la pandémie.

Les deux tiers des cas actifs à Saint-Hyacinthe ne sont pas liés à des éclosions, a dévoilé la directrice de santé publique de la Montérégie, Dre Julie Loslier, dans un point de presse organisé mercredi à l’initiative de la Ville dans le but de sensibiliser à nouveau les citoyens à respecter les consignes sanitaires.

« [Ça] témoigne que le virus circule un peu partout », a-t-elle mentionné dans la présentation d’un bilan spécifique à Saint-Hyacinthe.

Néanmoins, une trentaine d’éclosions sont actives dans la ville présentement et aucun milieu ne semble épargné puisque celles-ci sont répertoriées autant dans les écoles et les milieux de travail que dans les milieux de vie pour aînés et dans la communauté.

Sans surprise, c’est à Saint-Hyacinthe qu’on retrouve le plus de cas dans la MRC. « C’est sûr qu’en raison de la densité de la ville, ça contribue quand même pour une bonne part de la hausse observée dans l’ensemble de la MRC, a souligné Dre Loslier. Cela dit, ce n’est pas limité qu’à Saint-Hyacinthe. »

Le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, s’est montré particulièrement déçu de la situation, voire presque fâché. « Ça vient d’être dit, nous sommes la deuxième MRC avec le plus de cas en Montérégie. Et la Montérégie, c’est très grand. D’avoir ce record-là, ça ne me fait pas plaisir, mais pas pantoute. Ça me préoccupe. C’est malheureux et des gens en meurent ici, et ça, c’est à cause de quelques personnes qui ne font pas attention », a-t-il lancé, en rappelant l’importance de suivre les consignes sanitaires.

Deux réalités en Montérégie

La santé publique remarque par ailleurs un renversement des tendances depuis l’automne. Les milieux plus durement touchés en première vague le sont moins en deuxième vague, et vice versa.

« Saint-Hyacinthe a été moins touchée en première vague alors peut-être que les gens se sentaient moins vulnérables, a tenté la Dre Julie Loslier comme hypothèse pour expliquer une propagation plus marquée sur le territoire maskoutain. Souvent, les éclosions vont partir d’un moins grand respect des consignes lorsqu’on parle d’éclosions communautaires. »

Alors que la transmission a grandement diminué dans la Communauté métropolitaine de Montréal, où le passage au palier rouge s’est fait dès le 1er octobre, on espère que le même effet se fera sentir dans le reste de la Montérégie, dont à Saint-Hyacinthe, où le rehaussement du niveau d’alerte s’est fait à la mi-octobre et où les taux sont présentement deux fois plus élevés que dans la CMM.

« On a un peu plus de trois semaines de recul depuis le passage au palier rouge à Saint-Hyacinthe. Ça s’est stabilisé au niveau des taux, mais on espère vraiment pouvoir voir une baisse de la circulation [du virus] avant de penser à changer les mesures en place », a ajouté la directrice régionale de santé publique.

Le gouvernement a d’ailleurs confirmé en début de semaine qu’il n’y aura pas d’assouplissement des mesures à court terme et que celles liées au palier d’alerte rouge demeureront en vigueur au moins jusqu’au 23 novembre.

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