18 août 2016
Party de saucisses
La vie secrète et absurde des aliments
Par: Sarah Daoust Braun
Columbia Pictures

Columbia Pictures

Attention, le nouveau film d’animation

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L’acteur Seth Rogen — qui prête sa voix à Frank dans la version originale, l’un des personnages principaux — renoue avec son complice Evan Goldberg pour le scénario et la production de cette nouvelle offrande. Le duo est entre autres derrière les comédies déjantées Ananas Express, Supermalades et C’est la fin.

Après s’être questionné sur la vie secrète des jouets (Histoire de jouets, des animaux de compagnie (Comme des bêtes) et des véhicules motorisés (Les Bagnoles), il était maintenant grand temps de tout savoir sur l’existence des aliments qu’on nous vend quotidiennement à l’épicerie.

Il se trouve que dans Party de saucisses, classé ici 16 ans et plus, le ketchup, les tacos, les chips et compagnie attendent impatiemment, jour après jour, d’être enfin choisis par leurs dieux, les humains. Ils atteindraient ainsi un monde meilleur de l’autre côté du supermarché, selon une ancienne croyance. Frank, une saucisse, et sa copine Brenda, un pain à hot-dog, qui espèrent un jour sortir de leur emballage et « s’unir », voient leur rêve inachevé en chutant du carrosse d’une mère au foyer, demeurant ainsi coincés à l’épicerie. Souhaitant rejoindre un nouveau paquet de saucisses, Frank croisera en cours de route une bouteille de autochtone de spiritueux qui mettra en doute ses croyances sur le soi-disant au-delà merveilleux, la nourriture finissant par être dévorée, on s’en doute, une fois achetée.

Et c’est ce qui est amusant avec Party de saucisses, puisque le long-métrage joue avec les codes des films d’animation — notamment la scène d’ouverture chantée qui rappelle les classiques disnéyiens —, mais avec une tournure beaucoup plus « trash » et libidinale. Les sous-entendus, tout comme les références à la culture populaire, foisonnent allègrement. Malgré son caractère grossier et comique — certaines blagues sont hilarantes, d’autres un peu plus bêtes —, les créateurs ont réussi à incorporer au scénario une réflexion sur la religion et la foi, avec un clin d’oeil au conflit palestinien, pour le moins inattendu. Une bonne idée qui ajoute un peu de profondeur au récit qui demeure somme toute très absurde : des aliments ne cessent de hurler de terreur parce qu’ils se font manger.

Mené par une réalisation et une animation colorées et vivantes, Party de saucisses, reste à voir sans aucun doute, ne serait-ce que pour son humour et son ton provocant et désinvolte, à mille lieues des films d’animation traditionnels.

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