16 avril 2015
Développement immobilier
La Ville commande un sondage
Par: Benoît Lapierre
Le parc immobilier résidentiel de Saint-Hyacinthe pourrait s’enrichir de quelque 2 000 portes au cours des prochaines années. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le parc immobilier résidentiel de Saint-Hyacinthe pourrait s’enrichir de quelque 2 000 portes au cours des prochaines années. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Cherchant la meilleure stratégie pour obtenir une croissance rapide de sa population, la Ville de Saint-Hyacinthe compte sur les travaux d’une firme spécialisée pour l’aider à orienter ses choix en matière d’habitation. La Ville veut attirer 4 500 nouveaux résidants d’ici 2020 pour atteindre le cap des 60 000 habitants.

À sa séance du 7 avril, le conseil municipal a confié à la firme SOM recherche et sondage, de Montréal et Québec, un mandat de 24 949 $, taxes incluses, pour qu’elle procède « à une enquête visant à identifier les meilleurs leviers pour stimuler le développement résidentiel ». SOM s’est avérée le plus bas soumissionnaire parmi les quatre firmes qui ont été invitées à présenter une offre de service, a précisé Brigitte Massé, directrice des Communications à la Ville. C’est son service qui a été mandaté par le conseil au mois de mars pour s’occuper du dossier.

« Cette enquête permettra notamment de comparer l’offre de services à Saint-Hyacinthe et d’identifier les aspects à promouvoir, d’évaluer l’efficacité des incitatifs existants, de cibler ceux à mettre en place et, finalement, d’établir les paramètres à développer pour que Saint-Hyacinthe tire son épingle du jeu en matière de promotion du développement résidentiel », a précisé Brigitte Massé.

D’une durée de huit semaines, le mandat confié à SOM comprend, entre autres choses, des consultations auprès de municipalités qui ont réalisé avec succès une démarche similaire, des entrevues avec des promoteurs-constructeurs de la Montérégie et des travailleurs non-résidants de Saint-Hyacinthe, de même qu’un sondage en ligne auprès de 1 000 personnes qui résident dans un rayon de 100 kilomètres autour de Saint-Hyacinthe. Le consultant doit aussi analyser en profondeur les caractéristiques distinctives de Saint-Hyacinthe.

« On veut trouver ce qui peut faire la différence, ce qui peut nous rendre plus attractifs aux yeux des gens qui demeurent à l’extérieur », a indiqué le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, au point de presse qui a suivi la séance du conseil.

Le directeur général de la Ville, Louis Bilodeau, a précisé qu’avec tous les projets de lotissements et de construction qui sont sur la table à Saint-Hyacinthe, le parc immobilier résidentiel pourrait s’enrichir de quelque 2 000 portes au cours des prochaines années. « Ça va prendre pas mal de monde pour occuper tout ça », a-t-il ajouté à propos des attentes de la Ville face au mandat confié à SOM.

Le développement résidentiel fait évidemment partie des sujets qui ont été abordés aux deux tables consultatives du maire Corbeil – celle des « sages » et celle des « jeunes » -, et c’est peut-être là qu’a germé l’idée d’une enquête. Toutefois, l’un des 11 membres de la Table des Jeunes gens d’affaires n’en avait jamais entendu parler avant que LE COURRIER le questionne sur le sujet. « Je n’étais pas au courant (que le conseil avait donné un mandat), mais je ne suis pas contre, on est dans le vif du sujet ces temps-ci », a commenté Vincent Lainesse, courtier immobilier chez La Capitale.

Mais lorsque la question du développement résidentiel a été abordée à la table, il dit avoir émis plusieurs commentaires et suggestions, notamment à l’égard du prix des terrains à construire. « On ne s’en cachera pas, ça tourne autour de 150 000 $ le lot à Saint-Hyacinthe, c’est un frein à l’autoconstruction », souligne-t-il. Selon lui, au lieu de miser sur des rabais de taxes, la Ville devrait user de ses pouvoirs pour acheter des terrains résidentiels et les revendre ensuite à prix réduit à de jeunes familles. Il croit aussi que la Ville devrait se doter d’un programme de remplacement de bâtiments vétustes au centre-ville, dans la zone comprise entre la rue Marguerite-Bourgeoys et la rivière, par exemple, pour y créer du multilogement sur de plus grands lots.

Il croit que de telles initiatives seraient plus rentables que d’investir dans la mise à niveau de la promenade Gérard-Côté, qu’il trouve peu invitante le soir venu. « Même si on avait une promenade plaquée or, je n’oserais pas aller jogger là une fois le soleil couché. On ne s’y sent pas en sécurité », soutient-il.

Jonathan Robin, du Groupe Robin, trouve l’initiative louable, mais ne s’attend pas à ce que la Ville trouve la recette miracle avec cette étude. « Ça viendra dire qu’il faut rendre la Ville plus attractive, en ajoutant le train de banlieue par exemple. Nos maisons sont moins chères qu’à Boucherville, et il y a du choix à Saint-Hyacinthe, de la variété. Mais on a eu beaucoup de fermetures dernièrement, l’hôtel des Seigneurs, le Collège Antoine-Girouard, ça ne nous aide pas. Est-ce qu’on mettra le doigt sur le bobo? Peut-être. »

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