20 août 2015
Prévention incendie
La Ville et la MRC proches du divorce
Par: Benoit Lapierre
Le torchon brûle entre la Ville de Saint-Hyacinthe et les autres municipalités de la MRC en matière de prévention incendie.  Photothèque | Le Courrier ©

Le torchon brûle entre la Ville de Saint-Hyacinthe et les autres municipalités de la MRC en matière de prévention incendie. Photothèque | Le Courrier ©

La Ville de Saint-Hyacinthe ne souhaite plus assurer les services qu’elle dispense depuis plus de trois ans à l’ensemble des municipalités de la MRC des Maskoutains en matière de prévention du feu et de recherche des causes d’incendie.

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À sa séance ordinaire du 6 juillet, le conseil municipal de Saint-Hyacinthe a même adopté une résolution qui annonce la fin de l’entente intermunicipale qui a été conclue à ce sujet, et cela dès le 15 juillet. Cette entente intermunicipale intervenue le 15 février 2012 découlait de l’entrée en vigueur du schéma régional de couverture de risque et devait rester en vigueur jusqu’au renouvellement du schéma, en 2017.

« Après plus de trois ans d’application de l’entente, la MRC des Maskoutains, les municipalités parties à l’entente et la ville-centre conviennent que le contexte qui prévalait au moment de la conclusion de l’entente a évolué et qu’il est de plus en plus difficile d’atteindre les objectifs établis au schéma », peut-on lire en préambule de la résolution adoptée par les élus de Saint-Hyacinthe.

Mais deux jours plus tard, au conseil des maires du 8 juillet, trois municipalités ont fait en sorte de tempérer les ardeurs de Saint-Hyacinthe. Mario Saint-Pierre, maire de Saint-Pie, Yves Petit, maire de Sainte-Hélène-de-Bagot, et Robert Houle, maire de Saint-Dominique, ont voté contre l’annulation de l’entente, ce qui était suffisant pour forcer son maintien jusqu’à nouvel ordre. Pour qu’elle soit résiliée, toutes les municipalités signataires doivent y consentir, sans exception. Ces trois maires se sont ensuite opposés, pour la forme, à la création d’un service régional de prévention des incendies à la MRC des Maskoutains.

Signalons que l’accord sur la prévention concerne aussi les membres de la Régie intermunicipale de protection incendie Louis-Aimé-Massue, c’est-à-dire les municipalités de Saint-Louis, de Massueville et de Saint-Aimé. La municipalité de La Présentation détient, quant à elle, une entente particulière avec Saint-Hyacinthe en matière de protection contre l’incendie et en ce domaine, elle continuera de recevoir tous ses services de la ville-centre, quoi qu’il arrive.

Tous d’accord

À la MRC des Maskoutains, la greffière, Me Josée Vendette, a expliqué que le vote des maires Saint-Pierre, Petit et Houle n’avait fait que retarder une rupture qui va se produire, inévitablement. « Tout le monde est d’accord avec la fin de l’entente », a-t-elle soutenu, mais sans commenter davantage.

Le 8 juillet au soir, au sortir de la salle du conseil de la MRC, avenue du Palais, une discussion s’est engagée dans le parc Dessaulles entre le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, et ses homologues de Saint-Dominique, Sainte-Hélène et Saint-Pie. « Le maire Corbeil a ouvert la porte à la discussion. Maintenant, on va s’asseoir tous ensemble et on va jaser », a indiqué Mario Saint-Pierre. S’il s’est lui-même prononcé contre la résiliation de l’entente, c’est qu’il trouve que tout se fait de manière un peu trop précipitée dans ce dossier. « On divorce le matin et on se remarie l’après-midi : est-ce qu’on pourrait se regarder un peu avant? Ils ont voulu faire adopter ça (la fin de l’entente) et négocier ensuite. Ce n’est pas de même que ça marche », a expliqué le maire Saint-Pierre.

Il a révélé que la Ville de Saint-Pie, comme les autres municipalités, n’est pas satisfaite du service offert par Saint-Hyacinthe en matière de prévention. « Dans notre résolution, il y avait une condition à l’abolition de l’entente. On demande un remboursement parce qu’on n’a pas été bien servi. À Saint-Pie, sur les 288 endroits à risque qui ont été identifiés, il y en a eu 35 de visités jusqu’ici. À l’an I, il y a eu zéro visite et ça nous a coûté 29 903 $. À l’an II, il y a eu neuf visites pour 33 400 $. À l’an III, on a eu 26 visites et on a payé 31 659 $. On est loin du compte », a-t-il souligné.

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