7 juillet 2016
Digestat en agriculture
La Ville octroie un contrat de 290 000 $ à un gestionnaire
Par: Benoit Lapierre
Le digestat s’accumule au Centre de valorisation des matières organiques. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le digestat s’accumule au Centre de valorisation des matières organiques. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La Ville de Saint-Hyacinthe ne tentera plus de dénicher elle-même les cultivateurs intéressés à valoriser en agriculture le digestat résultant de la biométhanisation des matières organiques, comme elle le faisait depuis 2015.

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À partir de maintenant, c’est la firme d’experts-conseils agricoles Solution 3 R, dont le siège social se trouve à Saguenay (arrondissement Jonquière), qui se chargera de ce travail, du moins au cours des deux prochaines années.

À la suite d’un appel d’offres, la Ville lui a octroyé le 16 mai un contrat de 191 433 $ pour la gestion de la valorisation agricole du digestat jusqu’en avril 2018. Solution 3 R se chargera de trouver, dans un rayon de 50 kilomètres, les entreprises agricoles qui pourraient utiliser du digestat comme amendement, à conclure avec elles une entente et à obtenir dans chaque cas le certificat d’autorisation gouvernemental. La Ville, de son côté, effectuera le transport du terreau jusqu’aux clients, ce qui s’ajoutera aux coûts de l’opération.

« Mais c’est une formule plus économique que d’envoyer le digestat à l’enfouissement, ou de la transporter à un centre de valorisation, comme on le faisait avant », a indiqué la directrice des Communications à la Ville, Brigitte Massé. Avant d’être autorisée par l’Environnement à disposer de son digestat en milieu agricole, la Ville le faisait transporter au centre de compostage de Bury, dans les Cantons-de-l’Est, à un coût de 65 $ la tonne.

Au cours des deux années du contrat de Solution 3 R, la Ville prévoit que sa production de digestat atteindra 18 500 tonnes au total, soit 8500 tonnes à la première année et 10 000 tonnes à la deuxième. L’économie brute, avant déduction du montant du contrat et des autres frais, atteindrait 1,2 M$ si les prévisions de la Ville se confirment.

Le digestat qui se trouve sur un terrain voisin du Centre de valorisation des matières organiques (CVMO) et qui a fait récemment l’objet d’une plainte à l’Environnement – de même que d’un reportage de TVA Nouvelles – prendra aussi le chemin du domaine agricole. Brigitte Massé a précisé qu’il s’agissait d’un surplus de 1500 tonnes qui a été épandu en avril. Ce digestat transformé en terreau par maturation à l’air libre ne pose aucun problème d’ordre environnemental, soutient-elle. « C’est inodore et il n’y a rien de pathogène. »

Par ailleurs, la Ville recherche toujours la solution qui lui permettrait d’envoyer à la biométhanisation les matières organiques des bacs bruns de la collecte sélective, malgré les branchages qui y sont mêlés. Ces branches empêchent les autres matières d’atteindre le mécanisme de prétraitement, à leur arrivée au CVMO. « Le problème n’est toujours pas réglé », a reconnu le directeur général de la Ville, Louis Bilodeau, après la séance du conseil du 16 mai.

Au début de 2016, la Ville croyait avoir trouvé la solution dans un équipement qu’elle a loué de la firme Broyage RM, de Saint-Hyacinthe, mais tout indique que cet essai ne s’est pas avéré concluant. La Ville se retrouve donc dans l’obligation d’envoyer à nouveau le contenu des bacs bruns chez Compostage G.L., de Sainte-Marie-Madeleine, comme l’indiquent des factures totalisant 12 951 $ que la Ville a acquittées en avril pour la réception de la matière organique des bacs bruns par ce centre de compostage.

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