28 janvier 2021
Concours intercollégial d’écriture dramatique
La voix de Phara Thibault entendue et primée
Par: Maxime Prévost Durand

Avec sa pièce Chokola, Phara Thibault est devenue la première étudiante du Cégep de Saint-Hyacinthe à remporter l’Égrégore depuis 2016. Photo Phanie Éthier

Une étudiante de deuxième année en Interprétation théâtrale de l’École de théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe, Phara Thibault, a séduit le jury du Concours intercollégial d’écriture dramatique et a remporté la 26e édition de l’Égrégore grâce à sa pièce Chokola, écrite dans la foulée du mouvement « Black Lives Matter ».

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Cette consécration permettra à Phara Thibault de voir son œuvre être mise en lecture et présentée en avril par le Jamais Lu dans le cadre de la 35e édition de l’Intercollégial de théâtre, organisée de façon virtuelle par le Cégep Édouard-Montpetit. L’étudiante de 20 ans bénéficiera également d’un marrainage d’écriture de neuf heures avec l’autrice Marie-Ève Milot, offert par le Centre des auteurs dramatiques, puis son texte sera publié aux Éditions Fides.

« Pour moi, c’est un signe d’espoir, ce prix », affirme Phara Thibault, dans un entretien téléphonique avec LE COURRIER. « C’est une chance de faire entendre ma voix », poursuit-elle un peu plus loin dans la conversation.

Haïtienne d’origine, adoptée par des parents blancs au Québec, elle évoque dans sa pièce la place d’une personne noire dans un milieu blanc. L’inspiration lui est venue le printemps dernier au terme d’une journée à faire entendre sa voix dans les rues de Montréal alors que la question raciale faisait les manchettes avec le mouvement « Black Lives Matter ».

« J’ai écrit Chokola dans un vertige qui m’a poussée à coucher sur papier ce trop-plein qui m’habitait, mais surtout à répondre par le biais de ma propre histoire à cette question existentielle : comment le racisme peut-il se trouver même là où il y a de l’amour », peut-on lire dans le mot de l’autrice, qui présente la pièce.

Cette pièce est la première que Phara Thibault a écrite dans sa vie, outre quelques ateliers d’écriture dans le cadre de sa formation à l’École de théâtre.

« Je ne me savais même pas capable d’écrire. L’écriture est venue à moi, souligne la jeune femme. À la base, j’ai écrit un poème sur ce que je vivais. Par la suite, je cherchais comment le théâtraliser. Je l’ai mis de côté, puis j’ai eu une pulsion, je me suis mise à écrire la pièce. »

Après l’avoir terminée, l’étudiante a gardé son œuvre pour elle-même. Les membres du jury du Concours intercollégial d’écriture dramatique ont été les premiers à lire son texte. « Personne n’a lu la pièce encore. Je suis encore très pudique de la faire lire. Je me suis tellement révélée que je n’ose pas la montrer », confie-t-elle, ajoutant préférer attendre de l’avoir retravaillée avec sa marraine d’écriture avant de la partager avec ses proches.

Recevoir une telle reconnaissance vaut son pesant d’or pour Phara Thibault. « Ça me motive tellement. J’ai déjà d’autres projets en tête, ça me donne le goût d’écrire tellement de choses. Ça m’a permis de réaliser que ma parole vaut », conclut-elle.

Le dernier étudiant du Cégep de Saint-Hyacinthe à avoir été récompensé de ce prix, remis par le Réseau intercollégial des activités socioculturelles du Québec, est Francis Sasseville, en 2016.

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