12 mars 2020
Transport d’organes
L’aéroport de Saint-Hyacinthe contribue à sauver des vies
Par: Olivier Dénommée

Des policiers de la Sûreté du Québec se sont rendus à l’aéroport de Saint-Hyacinthe le 14 février pour un transport d’organes dans un avion de type King Air (à l’arrière-plan) en direction d’un autre hôpital. Photo Gabriel Chartier

La plupart des gens sont bien au fait du volet commercial ou récréatif de l’aéroport de Saint-Hyacinthe, mais rares sont ceux qui savent que plusieurs dons d’organes transitent par là en provenance ou en direction de l’hôpital Honoré-Mercier. Le propriétaire de l’aéroport, Gabriel Chartier, a relaté au COURRIER une récente intervention dont il a été témoin.

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Le 14 février sur l’heure du dîner, M. Chartier a reçu un appel demandant l’autorisation d’atterrir sur sa piste pour un « medevac » (évacuation médicale). Les choses se sont ensuite déroulées assez rapidement. « L’avion est arrivé à 13 h 27 et les pilotes ont fait des appels pour confirmer qu’ils étaient bien atterris à l’aéroport. L’organe, transporté dans un véhicule spécialement identifié de la SQ et escorté en avant et en arrière, est ensuite parti de l’hôpital et est arrivé à l’aéroport à 14 h 20. Puis, l’avion est décollé à 14 h 33 », raconte-t-il. Il ne sait pas quel organe était en transit ni sa destination ce jour-là, mais il sait que quelqu’un quelque part a eu « un beau cadeau » pour la Saint-Valentin.

Cette opération n’était pas une première et pourrait même devenir de plus en plus fréquente, soutient M. Chartier. « L’urgentologue de l’hôpital Honoré-Mercier, Robert Patenaude, m’a prévenu que l’hôpital était équipé pour s’occuper des dons d’organes. » Il est aussi évident que les dons d’organes sont en hausse depuis la légalisation de l’aide médicale à mourir au Québec. Rappelons aussi que la Montérégie demeure une des régions administratives où il se déroule le plus de transplantations d’organes – en 2019, 18 % de toutes les transplantations au Québec ont été réalisées en Montérégie. M. Chartier se dit très fier de savoir que son aéroport contribue ainsi à sauver des vies en acceptant les medevacs.

Toujours à recommencer

Toutefois, même si des opérations comme celle du 14 février arrivent de plus en plus fréquemment à Saint-Hyacinthe, Gabriel Chartier doit toujours donner son autorisation pour qu’un avion puisse se déposer sur sa piste. « Je ne refuse jamais un medevac, ça me fait même encore plus plaisir! Mais c’est une démarche qu’il faut recommencer à chaque fois parce que c’est une piste privée. »

Il réitère son désir que la Ville de Saint-Hyacinthe décide un jour d’acquérir l’aéroport pour mettre fin à cette situation qu’il juge aberrante. « L’acquisition de l’aéroport par la MRC [des Maskoutains] est à l’étude, mais pour avoir connu les chicanes de villages avant la fusion, je pense qu’un aéroport ne devrait jamais être la propriété d’une MRC. » Le rêve de M. Chartier pour son « bébé » serait que la Ville de Saint-Hyacinthe achète son aéroport – il demande 1 million de dollars – et profite des importantes subventions fédérales pour son entretien, argent auquel le privé n’a pas droit. D’ici là, il continue de militer pour défendre la pertinence de son aéroport, dont il est propriétaire depuis 1992, auprès des élus.

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