21 avril 2016
Basketball en fauteuil roulant
L’arbitre international Guylain Lapointe tire sa révérence
Par: Maxime Prévost Durand
L’arbitre international Guylain Lapointe tire sa révérence

L’arbitre international Guylain Lapointe tire sa révérence

Guylain Lapointe (au centre) lors de sa participation au Championnat du monde féminin de basketball en fauteuil roulant. Photo Courtoisie

Guylain Lapointe (au centre) lors de sa participation au Championnat du monde féminin de basketball en fauteuil roulant. Photo Courtoisie

La feuille de route du Maskoutain Guylain Lapointe est épatante. Arbitre international en basketball en fauteuil roulant depuis une dizaine d’années, il a participé à la plupart des grandes compétitions sur la scène mondiale en

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Parmi les plus grandes compétitions ­auxquelles il a eu la chance d’arbitrer des matchs de basketball en fauteuil roulant, on compte le Championnat du monde ­féminin, le Championnat du monde ­junior, le Championnat de l’Asie et le Championnat de l’Amérique du Sud ­notamment, pour en faire une liste courte. La seule d’envergure manquante à son palmarès : les Jeux paralympiques.

Avant de prendre sa retraite définitivement, à la fin mars, Guylain Lapointe ­rêvait encore d’y prendre part. Son objectif était d’aller à Rio de Janeiro, au Brésil, cet été, pour la tenue des prochains Jeux paralympiques. Sauf que sa candidature n’a pas été retenue en raison d’une blessure aux genoux qu’il traîne depuis un certain temps.

« Je suis allé au Japon en octobre dernier pour le Championnat de l’Asie, qui sert de sélection olympique pour Rio. Ils ont jugé que je boitais un peu, même si moi je ne le percevais pas. Ça a été assez pour que je ne puisse pas aller à Rio. C’est une énorme déception parce que c’était le but depuis des années », laisse tomber le Maskoutain.

En guise de consolation, c’est un membre de la famille qui ira en tant qu’officiel canadien aux Jeux paralympiques. Son fils, Alexandre, qui a acquis sa licence internationale l’été dernier lors des Jeux panaméricains, a été ­sélectionné plus tôt cette année pour faire le voyage à Rio.

« À 125 miles à l’heure »

Guylain Lapointe a fait ses débuts dans le monde de l’arbitrage d’abord en basketball, avant d’ajouter une corde à son arc quelques années plus tard en s’initiant au basketball en fauteuil roulant.

Au fil de sa carrière d’arbitre, il a su conjuguer les deux disciplines, en plus de ses obligations professionnelles – il est enquêteur au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) – et familiales. Ajoutons à cela son implication à titre d’entraîneur dans des écoles de la région et ses fonctions de superviseur d’arbitres et de président d’une ligue ­senior à Montréal.

« J’ai une vie à 125 miles à l’heure, mais j’ai toujours fonctionné comme ça et j’aime ça. Je suis un gars qui aime bouger, être actif et créer des choses », lance-t-il. Et s’il le fait, ce n’est clairement pas pour l’argent, alors que la compensation financière n’a rien d’extravagant, au contraire. S’il le fait, c’est par passion.

« J’ai toujours aimé le basket, même si j’étais un joueur plutôt ordinaire. C’est ma passion. Je vais avoir 50 ans bientôt et, sans la blessure, j’aurais continué d’arbitrer encore un autre 4-5 ans. »

En basketball, on a pu le voir à l’oeuvre dans le réseau universitaire depuis le ­début des années 2000, tandis qu’il a ­percé rapidement sur la scène nationale et internationale en basketball en fauteuil roulant. « On est environ 500 arbitres en basketball debout au Québec, tandis qu’en fauteuil roulant il y en a à peine une trentaine. Ça fait en sorte qu’il y a plus d’opportunités qui se présentent », fait-il observer.

Ce n’est toutefois pas pour cette raison qu’il a joint le circuit en fauteuil roulant, mais plutôt par un simple concours de ­circonstances, au milieu des années 1990, alors qu’une joueuse de l’équipe maskoutaine Les Kamikazes lui a demandé d’arbitrer un match durant une pratique. Un concours de circonstances qui allait finalement lui permettre de voyager dans plus d’une quinzaine de pays.

L’esprit de compétition l’a amené à ­vouloir devenir l’un des meilleurs dans sa discipline, ce qu’il a réussi à faire à l’échelle canadienne et même mondiale. « Je voulais aller haut et j’y suis allé », conclut-il.

À sa façon, il a pavé la voie à une relève maskoutaine prometteuse, comptant son fils Alexandre ainsi que Ludger Blanchard, un arbitre bien établi dans le réseau universitaire.

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