6 avril 2017
Le Centre aquatique Desjardins, une gestion à améliorer
Par: Le Courrier

Je suis allé au bain libre le dimanche 2 avril. J’étais sûr que le bain en longueurs finissait à 16 h 30. Je suis arrivé à 15 h 35 pour pouvoir profiter d’une cinquantaine de minutes pour faire quelques longueurs, du moins je le croyais. Eh bien non, à 15 h 55, le sauveteur me prévenait de sortir au plus vite. Pensez-vous que la piscine était occupée par une quelconque activité? Non, le bassin de compétition était toujours vide à 16 h 15 quand je suis parti. 

En reconsultant l’horaire des bains en longueurs, je constate que les samedis et dimanches, il y a en tout et pour tout 4 heures et 20 minutes au total par jour. Pourquoi les heures de natation en longueurs sont-elles toujours si limitées à Saint-Hyacinthe, la semaine et la fin de semaine, alors que le besoin d’exercice est si criant, que le nombre de retraités augmente et que les gens ont de plus en plus des horaires de travail non traditionnels? Que dirait-on si les patinoires intérieures étaient utilisées 4 heures par jour en tout le samedi et le dimanche? On penserait avec raison à un gaspillage de fonds publics.

De plus, pendant les rares heures disponibles, les nageurs s’entassent souvent à 5-6 nageurs et plus par corridor. Le plus souvent, c’est seulement la moitié de la piscine qui est ouverte à la nage en longueurs (seulement 4 corridors) et l’autre moitié de la piscine est… vide. On m’a déjà répondu que « parce qu’en haut de 30 nageurs (7 nageurs par corridor, ce qui est trop), la Ville doit engager deux sauveteurs ». Encore une fois, le coût horaire pour faire fonctionner le bâtiment dépasse largement le salaire d’un sauveteur; penser économiser en épargnant le salaire d’un sauveteur, en limitant le nombre des baigneurs, en les entassant dans quelques corridors est une erreur. De plus, le raisonnement est tordu : limiter un service quand il devient populaire n’a pas de sens. Quel propriétaire de commerce lésinerait à engager un vendeur s’il y avait des clients plein le magasin? Encore un mauvais calcul qui soulève des doutes sur la gestion du centre aquatique.

Au Québec et au Canada, le manque d’exercice et l’obésité qui lui est liée, modérée ou extrême, jouent un rôle important dans les maladies cardiovasculaires, le diabète et même plusieurs cancers. Ces maladies coûtent et coûteront des milliards de dollars aux contribuables québécois en soins de santé sans compter la misère humaine que ces maladies entraînent. Pas une semaine ne s’écoule sans que la piètre condition physique des jeunes n’occupe les médias. Les experts le disent tous, ces jeunes vont développer des maladies chroniques plus tôt que leurs aînés, ce qui va représenter des coûts énormes additionnels dans une société déjà vieillie. 

La Ville de Saint-Hyacinthe a les équipements et les infrastructures sportives pour aider à pallier ce problème. Une de ces infrastructures est le centre aquatique (je ne mentionne pas la piscine du CÉGEP, fermée quatre mois par année, ou l’équivalent d’une fermeture de 10 ans pendant ses 42 ans d’existence. Le coût horaire pour chauffer, filtrer l’énorme masse d’eau du bassin de compétition et le bâtiment qui la contient, pour l’assurer, pour l’entretenir, le réparer, sans compter l’immobilisation de 38 millions de dollars (le coût du bâtiment), tous des coûts fixes, peu importe que le bâtiment soit vide ou plein. Le coût élevé de ces infrastructures, qui provient de nos poches, devrait faire que celles-ci soient utilisées de la façon la plus efficace possible, au même titre que les autobus pour le transport et l’usine de filtration pour l’eau potable. Ce n’est pas le cas.

En résumé, le centre aquatique est un bâtiment qui se compare aux infrastructures d’une grande ville, pas à celle d’un village. Par contre, la gestion du centre, elle, est-elle à la hauteur?

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