1 novembre 2012
Le consensus Bernier?
Par: Le Courrier

Quel est le secret de la longévité du maire Claude Bernier? La réponse est sans équivoque chez ceux qui ont partagé sa vie politique au fil des années : la recherche du plus grand consensus. Mais le consensus de qui, au juste?

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« Le secret, c’est sa rigueur, sa disponibilité, le temps qu’il a investi auprès de la population. Mais c’est aussi sa volonté de toujours chercher l’adhésion des gens autour de la table », analyse Bernard Barré, le doyen du conseil municipal. Élu en 1988, il est le seul à avoir siégé sur chacun des conseils dirigés par le maire Bernier.

« Au début, ce n’était pas nécessairement facile. Il était le petit nouveau. Il arrivait avec des conseillers qui étaient là depuis longtemps et qui ne lui ont pas ouvert la porte facilement. Ce n’est pas tout le monde qui a applaudi en le voyant arriver. Il a dû faire ses preuves et ça a grafigné pas mal dans les premiers temps. »Johanne Delage a elle aussi partagé pendant 13 ans la vie politique de Claude Bernier. « M. Bernier, c’est un bon maire rassembleur. En séance plénière, il donnait son opinion et on essayait de s’entendre. C’est arrivé qu’il ait retiré des dossiers à l’ordre du jour pour attendre qu’il fasse l’unanimité avant de les ramener au conseil. Parfois, le vote des élus n’allait pas dans le même sens qu’il souhaitait, mais il acceptait ça et il ne se prononçait pas. Il disait souvent que c’était à nous, les conseillers, de décider. »Léon Plante, lui, a travaillé avec le maire Bernier lorsque le gouvernement du Québec a imposé les fusions municipales au tournant des années 2000. En cette période de changements profonds, les deux hommes ont eu leurs prises de bec et chacun ne s’est pas gêné pour donner son opinion dans les rencontres plénières. « Les maires d’agglomération siégeaient au conseil. Ça brassait pas mal. Chacun travaillait fort pour sauver ses billes », se souvient M. Plante. « M. Bernier est un homme intègre et honnête. Je le respecte beaucoup. Mais il a aussi la tête dure. C’était un ratoureux. Quand il voulait avoir quelque chose, même si le conseil était en désaccord, il remettait le projet à l’étude plutôt que de passer au vote. Et il tapait sur le clou pour faire avancer ses idées », poursuit M. Plante, qui n’a jamais vu le maire voter publiquement sur une résolution en séance publique. « Jamais il ne tranchait un débat. S’il y avait égalité, et qu’il allait devoir décider, on remettait ça à l’étude. Pourtant, il avait son idée sur les dossiers et il la partageait avec les conseillers, mais il ne voulait pas se prononcer. Alors oui, M. Bernier est un homme de consensus… d’une sorte de consensus! », conclut-il le sourire dans la voix.Aujourd’hui, le maire Bernier ne cache pas sa difficulté à arriver au même résultat avec le nouveau conseil. Un conseil plus jeune, comme Mme Delage l’avait souhaité avant la dernière élection. « C’est complètement différent et je sais que ça a été toute une adaptation pour lui, note-t-elle. Les conseillers ont des points de vue divergents, parfois difficiles à réconcilier. Ils changent souvent d’avis. Chercher le consensus dans ces circonstances là, ça doit demander plus de patience. »

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