9 février 2012
Le$ coop$ de $anté
Par: Martin Bourassa

J’ai toujours détesté les coopératives de santé. Je l’ai déjà écrit et cela m’avait entre autres valu une lettre de leur fédération provinciale souhaitant m’éduquer sur la chose. J’avais poliment décliné l’invitation.

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J’ai toujours détesté les coopératives de santé. Je l’ai déjà écrit et cela m’avait entre autres valu une lettre de leur fédération provinciale souhaitant m’éduquer sur la chose. J’avais poliment décliné l’invitation.

Dans mon esprit, les coopératives de santé soulagent essentiellement deux choses au Québec. D’abord, le portefeuille d’une clientèle malade prise en otage devant la pénurie de service et ensuite les médecins. Et la plus récente enquête de La Facture associée à la réplique de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) ne me feront pas changer d’idée. Ainsi, la RAMQ a décidé de sévir à l’endroit de 15 coops (sur 50) qui ne respectaient pas l’esprit de la Loi en imposant des frais pour accéder à un médecin ou encore en accordant une priorité d’accès aux membres payants.Près de nous, c’était le cas de la coopérative d’Acton Vale, qui réservait les 15 premières minutes d’accès aux cliniques sans rendez-vous à ses 5 000 membres (sur les 15 000 qui auraient un dossier à la coop), un laps de temps souvent amplement suffisant pour remplir toutes les plages horaires disponibles.Le coordonnateur de cette coop, Éric Charbonneau, a plaidé l’innocence.« On ne savait pas que c’était problématique. Les règles sont apparues au fur et à mesure que les coops ont apparu », s’est-il défendu à la Voix de l’Est.Pour la gouverne de celui qui occupe aussi la fonction de maire d’Acton Vale et qui a été jadis député adéquiste de Johnson, la situation à sa coopérative était bien davantage illégale que problématique. La nuance est quand même de taille et il n’est pas dit que la nouvelle façon de faire qui réserve une plage horaire aux membres au détriment des non-membres est moins « problématique » que l’ancienne.M. Charbonneau prévient aussi les membres qui seraient tentés de réclamer un remboursement de leur cotisation annuelle de 65 $ que cela pourrait remettre en cause la survie même de la coopérative. « On fait appel à la conscience communautaire des gens », a-t-il plaidé pour convaincre les gens de continuer à payer chaque année, même si en pratique cela ne leur donne plus la priorité d’accès d’antan.Mais qu’en est-il de la conscience communautaire des médecins pour qui tous les malades ne sont plus égaux? Vivement que Québec mette de l’ordre dans les cliniques et coops et que la fédération des coops de santé éduque… ses membres!

M.B.

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