14 février 2013
Le dernier Pape
Par: Christian Vanasse
Publicité
Activer le son

Benoît XVI a consulté sa conscience, comme le commande le code canonique, et le verdict est tombé : c’est l’abdication.

Sur Twitter, c’est la consternation. Un tsunami médiatique déferle sur les écrans catholiques laissant les croyants incrédules. À 85 ans, Joseph Razinger devient le plus jeune pape à prendre sa retraite. Oui, l’infaillible Pontife, dont la coquetterie vestimentaire rappelait l’époque pré-Vatican 1, accroche sa tiare, dépose son bâton pastoral, suspend son fanon papal et remise ses tits chapeaux en poils de zibeline dans le coffre de cèdre. Mais trêve de plaisanteries… voici que débute la plus vaste opération de marketing chrétien de ce millénaire avec une course à la « Paperie » qui sera sûrement plus suivie que celle du PLQ. Et une course de ce genre sert souvent à regarnir les coffres et recruter de nouveaux membres. Pour une Église en déclin de pouvoir qui voit ses fidèles la quitter dans la foulée des nombreux scandales sexuels et financiers des dernières années, c’est une question de survie. Certains rêvent déjà à un pape de « cheu-nous » en la personne de Mgr Ouellet… un traditionaliste pur et dur qui serait dans la continuité de son collègue Razinger, mais est-ce le meilleur choix pour l’Église? On reproche souvent au Vatican d’être figé dans le temps et pas en phase avec son époque et les défis actuels. Ordination des femmes, port du condom, homosexualité, l’Église campe sur ses positions. Plus encore, son incroyable silence, voire son déni, à propos des crimes sexuels de ses prêtres partout dans le monde laisse perplexe. Et sur ces sujets, les positions du « papabile » Ouellet n’ont certes rien de rassurant. En ce sens, et si l’Église n’arrive pas à se moderniser et se dépoussiérer par le choix de son nouveau chef, il se peut bien que le prochain Pape soit le dernier…

image