14 juin 2012
Le don et le pavillon
Par: Martin Bourassa

Je vais commencer à croire qu’ils le font exprès ou encore qu’ils ont un don inné pour la controverse. Je parle bien entendu des conseillers de la Ville de Saint-Hyacinthe. Tout ce qu’ils touchent, ou presque, vire mal.

Je vais commencer à croire qu’ils le font exprès ou encore qu’ils ont un don inné pour la controverse. Je parle bien entendu des conseillers de la Ville de Saint-Hyacinthe. Tout ce qu’ils touchent, ou presque, vire mal.

Au niveau patrimonial, ils sont passés maîtres dans l’art de mal paraître. Musée patrimonial, maison Casimir-Dessaulles, porte d’arche de l’expo, couvent de la Métairie, relocalisation des organismes culturels et maintenant la transformation du pavillon de la piscine Laurier. Chaque projet se transforme inévitablement en controverse depuis un an. C’est un don, je ne vois pas d’autre explication. Ou peut-être une : une proportion démesurée à l’improvisation totale. Le plus récent dossier, celui du pavillon de la Piscine Laurier, est vraiment pathétique. Voilà un bâtiment et une piscine que la Ville était sur le point de faire classer monument patrimonial à préserver et que l’on songe maintenant à raser et à reconstruire. C’est un virage à 180 degrés! Les propos du conseiller David Bousquet laissent peu d’espoir de sauvegarde. Si ce grand défenseur du patrimoine prépare le terrain à la démolition, c’est que cette option est presque confirmée. En ce qui me concerne, il n’y a rien de pire que de faire table rase de notre passé et de notre identité.A-t-on besoin d’un pavillon quatre saisons flambant neuf? Non.Et pourquoi en arrive-t-on aujourd’hui à envisager la démolition du pavillon?Parce que la Ville de Saint-Hyacinthe s’est plantée avec son centre aquatique.Vrai qu’il a une certaine allure, du moins à l’intérieur, et qu’il attire les baigneurs, mais il a coûté un prix de fou. Pour 22 M$, on n’a pas été capable de concevoir une solution de rechange originale au vétuste centre culturel, une solution qui aurait pris la forme d’une piscine, de salles polyvalentes et d’un gymnase. Ce centre récréoaquatique complet était jadis estimé à 24 M$, un chiffre que l’on trouvait exagéré à la veille des élections.On l’a donc dégraissé pour ne conserver que la piscine. Considérant ce que l’on sait, le projet initial aurait été une sacrée aubaine! Le centre culturel accueillait des baigneurs, des organismes culturels, des choristes, des peintres de tous âges et une école de judo. Le centre aquatique ne fait que répondre aux attentes des baigneurs.Oui, il le fait bien, mais la Ville pourrait devoir investir 10 ou 12 millions supplémentaires pour reloger tout ce beau monde. D’où le couvent de la Métairie, d’où le pavillon Laurier qui devrait en principe abriter aussi la Maison des jeunes.Fait à signaler, les architectes qui accompagnent la Ville dans le projet du pavillon Laurier sont les mêmes qui ont conçu notre beau centre aquatique.Ils prétendent aujourd’hui que la transformation du pavillon coûterait au bas mot 3 M$ et que son remplacement pourrait se faire à moitié prix. Vu la facture du centre aquatique, on va prendre leur estimation des travaux avec un grain de sel. Se pourrait-il également que ces professionnels trouvent que le vieux pavillon jure un peu trop dans le décor du centre aquatique en forme d’iceberg?Cet iceberg devrait plutôt servir à refroidir les ardeurs des élus.

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