18 juin 2015
Centre des arts Juliette-Lassonde
Le double défi de Jean-Sylvain Bourdelais
Par: Sarah Daoust Braun
Le directeur général du Centre des arts Juliette-Lassonde de Saint-Hyacinthe, Jean-Sylvain Bourdelais, occupera également le poste de directeur artistique à compter du 1er juillet.Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le directeur général du Centre des arts Juliette-Lassonde de Saint-Hyacinthe, Jean-Sylvain Bourdelais, occupera également le poste de directeur artistique à compter du 1er juillet.Photo François Larivière | Le Courrier ©

C’est finalement Jean-Sylvain ­Bourdelais qui succédera à France ­Guilmain à la direction artistique du Centre des arts Juliette-Lassonde à partir du 1

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« C’est une autre tribune qui m’est offerte pour pouvoir m’exprimer professionnellement et démontrer mon talent », ­indique l’ancien producteur. ­L’embauche de Jean-Sylvain Bourdelais comme directeur général remonte à ­décembre 2012 après la décision de ­scinder les postes de direction générale et artistique. France Guilmain, qui avait le double chapeau, souhaitait se concentrer sur la direction artistique. Après ­l’annonce du départ à la retraite de cette dernière, le conseil d’administration du Centre des arts a décidé, il y a environ un mois et demi, que Jean-Sylvain Bourdelais prendrait le relais.

« Dans les faits, la passation des ­pouvoirs s’est faite plutôt doucement pendant ces deux ans et demi, bien que je ne touchais pas du tout au volet ­artistique. Je m’occupais du volet ­administratif, donc tout ce qui touche les ressources humaines, les subventions et le service à la clientèle », explique le ­principal intéressé.

L’homme de 50 ans n’arrive toutefois pas en terrain inconnu. Fin connaisseur de l’industrie du spectacle, il a produit au fil des ans de nombreux artistes, dont ­Mario Pelchat, Daniel Lemire, Serge ­Lama, Donald Lautrec, Marie-Lise Pilote et Marie-Eve Janvier et Jean-François Breau.

Le diplômé en administration au Cégep Montmorency a commencé sa carrière comme copropriétaire d’un studio ­d’enregistrement. « Par la suite, j’ai eu une courte période dans l’automobile. Mon père a été propriétaire d’un ­concessionnaire d’automobiles. Avoir à gérer une quarantaine d’employés ­pendant cinq ans a été pour moi un bon apprentissage en gestion », soutient-il.

Après un passage comme directeur ­artistique et directeur des ressources ­humaines à la maison de disques Avanti Plus, Jean-Sylvain Bourdelais a ensuite été producteur à son compte pendant six ans. « J’ai produit beaucoup de spectacles au Casino de Montréal. J’ai produit ­également des artistes internationaux comme Lynda Thalie, une artiste de ­musique du monde d’origine algérienne qui est Québécoise d’adoption depuis une quinzaine d’années. On a fait des spectacles sur quatre continents, on s’est promené beaucoup. »

Ce dernier n’a pas eu le temps de ­chômer et a fondé Musicor Spectacles, une division de Québecor, en 2008. Avant d’arriver en poste à Saint-Hyacinthe, Jean-Sylvain Bourdelais était vice-­président finances, ventes et développement chez Zinc Productions, un ­producteur de spectacles.

Prendre le temps de s’imprégner

Une fois tous les pouvoirs en main en ­juillet, le directeur artistique et général souhaite avant tout apprivoiser ­graduellement ses nouvelles fonctions. « Je vais prendre le temps de m’imprégner avant de prendre des décisions. C’est ­important de maîtriser quelque chose pour être capable d’apporter des changements. Quand je suis arrivé ici comme ­directeur général, je me suis assis à divers postes pour essayer de comprendre le travail de l’employé. J’ai fait de la billetterie pendant plus d’un mois », affirme celui qui privilégiera cette même approche lorsqu’il occupera son prochain poste.

Jean-Sylvain Bourdelais n’a pas eu son mot à dire sur la programmation 2015-2016 du Centre des arts Juliette-Lassonde, mais il entend garder les mêmes orientations pour la prochaine saison. « Je n’irai pas changer une formule ­gagnante, souligne-t-il. Ce travail-là va se faire à partir de l’automne prochain. ­Généralement, tout se concrétise aux ­environs de la Bourse Rideau, qui est en février. C’est un événement très prisé pour tous les agents, les producteurs et les diffuseurs puisque c’est la rencontre d’à peu près toute l’industrie. C’est à ce moment qu’a lieu la valse des calendriers. »

Le Centre des arts Juliette-Lassonde, fier de ses nombreuses nominations et de ses deux trophées dans la catégorie « Salle de spectacle de l’année » au gala l’ADISQ, ­propose une programmation toujours de plus en plus variée à l’aube de son 10e anniversaire. Jean-Sylvain Bourdelais compte continuer sur cette même lancée, tout en restant à l’affût des nouveaux ­talents. « J’ai pour principe qu’il faut ­garder la ligne ­ouverte comme au baseball, car tu ne sais jamais quand la balle va arriver », lance-t-il.

Le prochain directeur artistique se dit prêt à relever les nouveaux défis que lui apportera son double mandat. « J’aime ça atteindre des buts, des objectifs, autant du point de vue personnel que ­professionnel. Je trouve que c’est ce qui nous fait avancer dans la vie », croit-il.

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