26 janvier 2017
Le drapeau de l’abbé Filiatrault prend du galon
Par: Rémi Léonard
Robert Mayrand, chargé de projet en patrimoine à la MRC des Maskoutains, Sylvain Rochon, député de Richelieu, Luc Fortin, ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Bernard Landry, ex-premier ministre du Québec, Yves de Bellefeuille, maire de Saint-Jude et Geneviève Girouard, dont la famille est propriétaire du drapeau de Carillon.   Photo François Larivière | Le Courrier ©

Robert Mayrand, chargé de projet en patrimoine à la MRC des Maskoutains, Sylvain Rochon, député de Richelieu, Luc Fortin, ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Bernard Landry, ex-premier ministre du Québec, Yves de Bellefeuille, maire de Saint-Jude et Geneviève Girouard, dont la famille est propriétaire du drapeau de Carillon. Photo François Larivière | Le Courrier ©

L’une des fiertés de Saint-Jude, le drapeau de Carillon, sera classée comme bien patrimonial, a annoncé le 21 janvier le ministre de la Culture Luc Fortin, présent à l’église du village à l’occasion du Jour du Drapeau. Bien connu dans la région comme le précurseur du fleurdelisé actuel, l’étendard aura maintenant droit à une reconnaissance officielle au Registre du patrimoine culturel du Québec.

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Saint-Jude pourra ainsi assumer pleinement son titre de « village d’origine du drapeau québécois ». Le maire Yves de Bellefeuille était d’ailleurs bien fier de cet aboutissement, alors que les démarches avaient été entamées il y a déjà une dizaine d’années, à l’époque du maire André Cyr. La MRC des Maskoutains, le député de Richelieu, Sylvain Rochon, et la famille Girouard, qui est aujourd’hui propriétaire du drapeau, ontégalement contribué au projet. Le précieux objet a été retrouvé en 1955 au presbytère de Saint-Jude par Raymond Girouard.

Un bout de tissu à la riche histoire 

Ce pavillon bleu paré d’une croix blanche et de quatre fleurs de lys pointant vers le centre est aujourd’hui conservé au Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe. Son directeur général, Luc Cordeau, a expliqué qu’une analyse a été faite dans la dernière année sur le tissu et la technique de fabrication, et que ces éléments correspondent aux caractéristiques propres au début du XXe siècle.

Il serait le seul exemplaire connu fabriqué par son concepteur, l’abbé Elphège Filiatrault, qui hissa le drapeau de Carillon au-dessus du presbytère de Saint-Jude le 26 septembre 1902. À l’époque, l’Union Jack était le drapeau officiel du Dominion du Canada, mais le tricolore français était aussi bien présent au Québec. L’abbé Filiatrault cherchait donc à doter les Canadiens-français d’un véritable drapeau national, car « à un peuple nouveau, il faut un drapeau nouveau », écrivait-il en 1903 pour justifier sa démarche.

L’inspiration lui venait du drapeau que les troupes françaises brandissaient en 1758 lors de la bataille de Fort Carillon, dans l’actuel État de New York. « Cette bannière est le seul souvenir que nous ayons des glorieux combats du passé », poursuit l’abbé.

Bien reçu à l’époque, le drapeau de Carillon devint au cours de la première moitié du siècle un symbole national lorsqu’on y ajoute en son centre un Sacré-Cœur. C’est finalement en 1948 que le drapeau devient officiellement celui du Québec et prend l’apparence que l’on connaît aujourd’hui, sans symbole au centre et avec les fleurs de lys verticales.

« Le drapeau est très important pour moi, mais aussi pour Saint-Jude, pour la région de Saint-Hyacinthe et pour tout le Québec, peu importe les allégeances politiques », a dit le maire Yves de Bellefeuille. Il souhaiterait maintenant que le personnage et les lieux historiques entourant l’histoire de ce drapeau soient eux aussi reconnus au patrimoine québécois, par exemple l’abbé Filiatrault.

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