26 février 2015
Le facteur Bibeau
Par: Martin Bourassa
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Pardonnez mon manque d’originalité, mais j’avais prévu consacrer cet éditorial au rendez-vous annuel du maire Claude Corbeil devant la Chambre de commerce et de l’industrie Les Maskoutains.

Malheureusement, il faut parler d’un rendez-vous manqué. Non pas que le maire se soit désisté à la dernière minute. Non, le repas et la conférence ont bel et bien eu lieu, mais l’exposé n’a pas été concluant. On nous a servi du réchauffé.

La conférence du maire n’a rien apporté de neuf sous le soleil maskoutain, outre une mise à jour des principaux dossiers économiques qui ont occupé le conseil municipal en 2014. On nous a ensuite présenté que très ou trop brièvement ceux qui retiendront l’attention en 2015. Nous n’avons rien appris que nous ne savions déjà sur le dossier du centre de congrès. Dommage, car l’auditoire gagné à cette nécessaire relance du tourisme d’affaires espérait mieux qu’un simple rappel de ce qu’on nous a annoncé il y a déjà deux semaines.

Le maire a répété que la Ville savait maintenant ce qu’elle voulait, soit un hôtel de luxe et un centre de congrès, et surtout où elle les voulait : à proximité des Galeries St-Hyacinthe. Il a répété sa volonté de bouger rapidement en lançant un appel d’offres au printemps pour une pelletée de terre en septembre.

Bien entendu, il souhaite recevoir des subventions qui nous reviennent de plein droit puisque les gouvernements supérieurs en ont versé par le passé à des villes comme Sherbrooke ou Drummondville pour la construction de centre de foires.

Bien entendu, il souhaite recevoir des subventions qui nous reviennent de plein droit puisque les gouvernements supérieurs en ont versé par le passé à des villes comme Sherbrooke ou Drummondville pour la construction de centre de foires.

Aucun détail sur le montage financier n’a été donné, ni sur la façon dont la Ville compte s’y prendre pour partager le travail et les risques avec son partenaire, en l’occurrence Les centres d’achat Beauward, présidés par Marc Bibeau.

Disons que cette alliance stratégique de la Ville n’est peut-être pas de nature à accélérer l’octroi de subventions pour son projet de centre de congrès. Marc Bibeau, décrit comme le grand argentier du Parti libéral du Québec pendant les années Charest, est un nom qu’on a entendu prononcer souvent durant les audiences de la Commission Charbonneau chargée de faire la lumière sur l’octroi de contrats dans l’industrie de la construction et les liens possibles avec le financement des partis politiques. M. Bibeau aurait même témoigné sous serment selon La Presse, en plus de faire l’objet d’une enquête de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) relativement au financement du PLQ. Même si aucune accusation n’a été portée contre lui et qu’il a toujours vigoureusement nié toutes les allégations à son endroit, on ne saura pas avant la fin novembre ce que retiendra de tout cela la Commission Charbonneau.

Dans ce contexte, il serait étonnant que les gouvernements se précipitent pour investir dans des projets associés de près à une entreprise de M. Bibeau.

On pourra toujours alléguer un refus de subventions par l’état des finances publiques, mais on aurait tort à ce moment-ci de sous-estimer le facteur Bibeau. Il est un peu à l’image du facteur éolien cet hiver, il n’a pas son pareil pour refroidir nos ardeurs.

Aussi bien faire notre deuil de rapides subventions si vous voulez mon avis.

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