23 février 2012
École publique et privée se côtoieront
Le football comme outil pédagogique
Par: Maxime Desroches

On pourrait être porté à croire que l’implantation, dès l’automne 2012, d’un programme de football à la Polyvalente Hyacinthe-Delorme créera une rivalité, voire une véritable guerre des tranchées entre celle-ci et l’autre établissement maskoutain du secteur privé offrant ce sport à ses étudiants, soit l’école secondaire Saint-Joseph. Les responsables des deux programmes assurent toutefois qu’il n’en sera rien, et qu’ils peuvent très bien cohabiter sans se nuire.

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Le directeur de l’option football des Patriotes de l’ESSJ, Claude Gaudreau, se dit au contraire encouragé de voir la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe (CSSH) se joindre à cette belle aventure. Il voit mal comment l’arrivée du Drakkar de la PHD dans la ligue du réseau étudiant pourrait mener à une lutte au recrutement sans merci, étant donné la clientèle différente des deux institutions, et l’effervescence que connaît le football dans la région.

« Pour un parent de Saint-Hyacinthe qui souhaitait déjà envoyer son enfant à l’école privée, cette annonce ne fera pas une énorme différence », soutient Claude Gaudreau.« Notre programme compte dans ses rangs plusieurs jeunes qui proviennent de l’extérieur du territoire de la CSSH. Il y a aussi notre statut d’école privée qui fait en sorte qu’on ne peut pas non plus recruter, comme le fera la PHD, les élèves de cinquième et sixième année primaire dans les écoles publiques de la région maskoutaine », précise-t-il.

Des éléves plus impliqués

Son homologue à la PHD, Yan Genest, estime que s’il y a une guerre à mener, c’est surtout contre le décrochage scolaire. Sur le terrain, le baromètre du succès ne sera pas, dans les premiers temps du moins, le nombre de victoires.

« Pour être passé par là, je sais que le football est un excellent outil de développement. En milieu scolaire, c’est un sport qui favorise la réussiste académique car l’étudiant, s’il souhaite poursuivre son parcours dans le football, n’a d’autre choix que de passer par les rangs collégiaux, puis ensuite universitaires. Cela le responsabilise par rapport à ses études », explique l’ancien porte-couleurs du Vert et Or de l’Université de Sherbrooke.« Déjà après un mois, des enseignants m’ont confié avoir constaté une influence positive sur le sérieux de certains élèves en classe (inscrits au programme). »Qu’il se développe ou non une rivalité entre la PHD et l’ESSJ au cours des prochaines années, le Drakkar et les Patriotes partageront le même objectif, celui de former, en bout de ligne, de jeunes adultes, et non des joueurs de football.« Le football est une discipline tellement formatrice. C’est le sport d’équipe par excellence. Il inculque des valeurs inestimables comme le respect de soi et des autres, et l’éthique de travail. Pratiqué en milieu scolaire, ça peut devenir l’élément qui gardera les jeunes garçons sur le banc d’école », conclut Claude Gaudreau.

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