7 mai 2015
Mobilier de bureau
Le Groupe Lacasse ferme la porte à Pli Office
Par: Jean-Luc Lorry
Patrick Lacasse, président de l’entreprise de mobilier de bureau, Pli Office à Saint-Pie. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Patrick Lacasse, président de l’entreprise de mobilier de bureau, Pli Office à Saint-Pie. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Faute d’avoir réussi à s’entendre avec le Groupe Lacasse de Saint-Pie pour ­donner un nouveau souffle à son ­entreprise, le propriétaire de Pli Office, Patrick Lacasse, a fusionné en février ses activités avec celles de Buro Design International, une entreprise de Saint-Léonard spécialisée également dans la fabrication de mobilier de bureau.

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« J’étais exténué de me battre seul. J’étais rendu au point d’aller vendre mon ­entreprise à Guy Lacasse », confie en ­entrevue au COURRIER, Patrick Lacasse, dont l’entreprise est située à proximité du renommé fabricant de meubles de ­bureau.

La carrière de Patrick Lacasse est ­étroitement liée à l’aventure industrielle du Groupe Lacasse puisqu’il est le fils de Réal Lacasse qui a fondé avec Guy et ­Réjean l’entreprise familiale en 1956.

En février 2000, les trois frères ont ­vendu le Groupe Lacasse à la multinationale américaine Haworth. Douze ans plus tard, Guy Lacasse, son fils Robin et le ­président de l’entreprise, Sylvain ­Garneau, achetaient d’Haworth ce pilier économique de Saint-Pie.

En 1982, Patrick Lacasse fonda pour sa part Partimeuble pour agir comme sous-traitant du Groupe Lacasse. Sa jeune PME s’y s’approvisionnait en planches de contreplaqué et en quincaillerie à un prix compétitif et vendait les meubles une fois montés au Groupe Lacasse.

« Nous fabriquions les meubles ­spéciaux et les commandes ­excédentaires. Notre entreprise était l’un des sous-traitants les plus flexibles et ­débrouillards », considère M. Lacasse.

Le vent a commencé à tourner entre les deux partenaires d’affaires lorsque le géant américain a pris les rênes du Groupe Lacasse.

« Haworth avait majoré le prix de vente des matières premières et n’ajustait pas ses prix d’achat en ­conséquence. De plus, les commandes avaient baissé. À la suite de ces ­décisions où nous étions perdants sur toute la ligne, nous avons décidé de vendre nos meubles aux mêmes ­distributeurs qu’Haworth. En deux ­semaines, tous nos liens d’affaires furent rompus », se remémore M. Lacasse.

Déception

Pourtant, l’homme d’affaires espérait que le retour du fleuron du meuble de bureau au Québec entre les mains ­d’intérêts québécois permettrait de ­rebâtir un partenariat avec le Groupe ­Lacasse.

« Guy et Robin s’étaient montrés ­favorables à un rapprochement des deux entreprises. Par contre, Sylvain Garneau demeura inflexible. Il attendait peut-être notre faillite pour pouvoir nous acquérir à bas prix », croit M. Lacasse.

Son frère Sylvain a fondé en 1988, ­l’entreprise Chaises Sylco, spécialisée dans la fabrication de chaises, sofas et fauteuils. Il a eu davantage de chance dans ses négociations avec le Groupe ­Lacasse.

Sylvain Lacasse a réussi à s’entendre en 2013 avec les trois propriétaires en leur vendant son entreprise et en se voyant ­offrir un poste de gestionnaire.

« Cette transaction n’est qu’un début pour nous. L’entreprise va regarder d’autres opportunités d’acquisitions », avait déclaré Guy Lacasse à l’annonce de cette transaction.

Regroupement gagnant

Patrick Lacasse estime avoir pris la bonne décision en s’associant avec Buro Design International.

« J’ai conclu une entente de deux ans avec Buro Design International dont je serai actionnaire minoritaire. Nous ­allons regrouper les achats de matières premières pour réduire nos charges », précise Patrick Lacasse.

Celui-ci assure que ce regroupement stratégique n’entraînera aucune mise à pied et ne compromettra pas le carnet de commandes de son entreprise.

Pli Office emploie actuellement 35 personnes et réalise un chiffre ­d’affaires de l’ordre de 4 M$. Quant à ­Buro Design International, l’entreprise regroupe 80 employés et réalise des ventes totalisant 10 M$.

La nouvelle entité maintiendra ses ­activités dans ses usines de Saint-Pie et de Saint-Lin–Laurentides.

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