17 décembre 2015
Le jour J
Par: Martin Bourassa
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C’est aujourd’hui jeudi que se déroule le fameux registre du règlement d’emprunt pour le centre de congrès. Il s’agit d’une journée cruciale comme il y en a peu dans la vie d’un maire, voire d’une collectivité.

Il faudrait que 768 Maskoutains se ­déplacent et signent ce fameux registre pour bloquer le projet et forcer la tenue d’un référendum. Plusieurs personnes, dont le maire, le directeur général et des gens d’affaires vont sans aucun doute trouver cette journée particulièrement longue. Ce n’est qu’à 19 h qu’ils sauront s’ils ont été assez bons vendeurs et convaincants. Parions que oui.

Si l’on se fie à la tendance des dernières semaines et à l’absence de vague de fond et même de surface alimentée par des opposants, il est invraisemblable de penser que des centaines de personnes vont défiler à l’hôtel de ville de Saint-­Hyacinthe un 17 décembre afin de défier ouvertement l’administration ­municipale.

Nous sommes d’avis qu’ils seront moins d’une centaine à le faire et encore.

Non, nous ne croyons pas que les anciens employés de l’Hôtel des Seigneurs ou de la CSN se mobiliseront par simple esprit de vengeance, ni que le milieu communautaire profitera de cette occasion pour faire sentir son mécontentement, lui qui n’a pu convaincre les élus municipaux d’abolir la fameuse taxe compensatoire.

Les organismes communautaires ont plus à perdre qu’à gagner à signer le ­registre en étant motivé par la rancoeur. Idem pour le Groupe Robin, promoteur maskoutain qui a pourtant vu la Ville lui préférer Beauward comme partenaire du centre de congrès. Même si l’idée a pu être soupesée, il ne faut pas s’attendre à voir des autobus faire la navette entre les résidences L’Eau vive du Groupe Robin et l’hôtel de ville.

Mais si seulement quelques poignées de Maskoutains prennent le crayon au cours des prochaines heures, il ne faudrait pas faire l’erreur de penser pour autant que ce projet de centre de congrès et d’hôtel de luxe fait l’unanimité dans la communauté.

Malgré quelques élans d’optimisme de la part de quelques acteurs-clés, la majorité semble plus silencieuse que jamais, voire même indifférente. Peut-être que la campagne d’appuis que vient de lancer le maire Corbeil nous démontrera le contraire, mais pour l’instant on ne sent pas d’engouement généralisé chez M. et Mme Tout-le-Monde. Ni pour, ni contre, en dehors des cercles intéressés et partisans bien entendu.

Pour l’essentiel, il faut donc faire confiance au maire et à la direction ­générale, en souhaitant qu’ils soient en mesure de contrôler les dépenses et que leurs projections se confirment, malgré certains doutes qui subsistent quant à la rentabilité à court, à moyen et à long terme de toute cette opération pour la Ville et l’opérateur désigné.

Oui, la Ville mérite notre appui dans ce projet qui contribuera à soutenir notre économie et à relancer le tourisme ­d’affaires chez nous, mais cet appui ne doit pas prendre la forme d’un chèque en blanc. En bon chien de garde, nous ­continuerons de poser des questions et d’exiger des réponses avant, pendant et après sa réalisation, dans la mesure où tous les millions investis à cet endroit n’iront pas ailleurs.

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