4 juin 2020
La Cascades piétonne
Le maire confirme que ce sera en juillet
Par: Rémi Léonard

Photo Ville de Saint-Hyacinthe

L’idée de faire de la Cascades une rue piétonne cet été a causé bien des frictions à Saint-Hyacinthe dans les dernières semaines, y compris au sein du conseil municipal. L’heure est maintenant au ralliement, ont cependant convenu les élus. Captures d’écran | NousTv Saint-Hyacinthe

La décision semble finalement arrêtée. La rue des Cascades sera piétonne seulement à partir du 2 juillet, a confirmé lundi soir le maire Claude Corbeil. La formule du jeudi au dimanche est celle retenue pour ce projet pilote qui s’étendra au total sur cinq fins de semaine estivales, soit jusqu’au 2 août.

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Après deux semaines d’incertitude, le maire a présenté cette option comme le compromis qui est ressorti de sa rencontre entre les partisans et les opposants à la piétonnisation de cette artère du centre-ville. La section concernée reste la même, soit entre les avenues Duclos et Saint-Joseph, a précisé la Ville.

Dans sa première forme, le projet pilote annoncé par la SDC centre-ville le 19 mai prévoyait plutôt rendre la Cascades piétonne sept jours sur sept du 25 mai au 31 août. À peine dévoilé, ce scénario a suscité une levée de boucliers chez certains commerçants, incitant la Ville à décréter une pause dans le dossier le temps de revoir le projet. Une vague de soutien envers la piétonnisation du centre-ville s’est aussi formée en parallèle, déclenchant ensuite un débat plus large au sein de la population maskoutaine.

Fini la chicane…

Après son annonce de lundi, M. Corbeil s’attend maintenant à ce que la piétonnisation de la rue des Cascades se déploie coûte que coûte le 2 juillet. « C’est réglé, ça ne changera plus », a-t-il affirmé, appelant à « rallier le maximum de personnes » autour de ce projet pilote. « On va en faire un succès », a-t-il prédit. Il a également admis qu’il « rêve d’avoir une rue piétonne » au centre-ville depuis son arrivée à la mairie.

L’autre fervent défenseur du projet, et même son initiateur, le conseiller Jeannot Caron, est apparu visiblement irrité de voir la formule ainsi diminuée. « Aujourd’hui, ce que mes collègues me passent comme message, c’est que je n’ai pas fait mon travail comme il faut », a-t-il accusé, se disant pourtant convaincu du contraire. « J’ai toujours pris des décisions pour le bien commun de notre centre-ville », a-t-il déclaré.

M. Caron avait affirmé plus tôt tenir mordicus à une rue piétonne à longueur de semaine. Il tenait aussi à voir le projet démarrer rapidement afin d’assurer la sécurité des citoyens qui circulent au centre-ville, actuellement confinés à des trottoirs trop étroits pour respecter le deux mètres de distanciation, faisait-il valoir.

Le fait que le maire organise lui-même une rencontre entre les intervenants concernés la semaine dernière, après que le conseil eut pris position en séance plénière, a également paru le heurter. Ce n’était pourtant pas « une réunion de réprimande », a indiqué Claude Corbeil pour calmer le jeu. « Vous faites du bon travail. Je suis fier de vous et je suis derrière vous », a-t-il assuré à l’élu du centre-ville.

Le conseiller Caron a tout de même laissé sa rancœur de côté pour appeler au ralliement de tous derrière ce projet. « Je demande à tous ceux qui étaient contre d’arrêter. C’est fini cette chicane-là. […] On est en train de se déchirer à travers ce projet-là. Ce n’est pas normal », a-t-il tonné, recueillant les applaudissements de ses collègues.

Un tour de table

Ceux-ci ont d’ailleurs presque tous donné leur opinion sur le sujet à l’occasion de la période d’information des élus, une pratique rarissime à Saint-Hyacinthe.

La position de Linda Roy (Saint-Thomas-d’Aquin) semblait proche de son collègue du centre-ville puisqu’elle a révélé être contre le report du projet en juillet, plaidant qu’il faudrait plutôt s’assurer de faire « respecter la distanciation », une position appuyée également par sa collègue Stéphanie Messier (Saint-Joseph). Pierre Thériault (Yamaska) a aussi plaidé en faveur de la piétonnisation de la Cascades « le plus tôt possible », mais a quand même indiqué « respecter l’entente » qui repousse le projet en juillet.

À son tour, André Beauregard (Douville) s’est réjoui du consensus obtenu, mais il a admis avoir un mea culpa à faire. Le conseil « a voulu aller trop vite et n’a pas assez consulté », selon lui. « Si nous voulons conserver notre beau centre-ville, nous devons conserver nos commerçants », a-t-il aussi énoncé, y allant d’une comparaison peu flatteuse envers Drummondville, qui est récemment allée de l’avant avec un projet de piétonnisation. « La saveur du jour, c’est Drummondville, mais j’y suis allé hier [dimanche]. C’est un centre-ville qui, quant à moi, est sans âme », a-t-il laissé tomber. Il n’a guère été impressionné par l’affluence qu’il a constatée, a-t-il également ajouté.

Annie Pelletier (Saint-Sacrement) a indiqué avoir toujours été en faveur d’un tel projet. « J’espère que la rue piétonnière va demeurer et qu’on va la revoir l’année prochaine », a-t-elle souhaité. Donald Côté (Sainte-Rosalie) s’est rallié au projet présenté, disant que le temps supplémentaire permettra de « s’organiser correctement pour ne pas que ce soit un fiasco ». « J’aurais aimé le voir plus tôt », a-t-il tout de même glissé.

Enfin, le doyen Bernard Barré (La Providence) a essentiellement félicité son collègue du centre-ville, qui s’est « investi beaucoup » dans un dossier qui était pourtant « miné et explosif ». Il a néanmoins affirmé qu’en tant que piéton, il n’a « pas vraiment senti de danger » à se promener sur les trottoirs de la Cascades. Il a ajouté prendre acte de « l’appel à l’aide » des commerçants et s’est rangé du côté du consensus annoncé.

Seuls Claire Gagné (Bois-Joli) et David Bousquet (Sacré-Cœur) ne se sont pas prononcés.

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