2 avril 2020
Entre les lignes
Le marathon
Par: Le Courrier

Lentement mais sûrement, nous commençons tous à réaliser que le chemin vers un semblant de retour à la vie normale sera long et pénible. Ou très pénible et très long.

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Nous commençons à entrevoir que le temps d’arrêt de trois semaines imposé par Québec, qui doit en principe durer jusqu’à la mi-avril, pourrait s’étirer davantage. Et que la suspension des classes jusqu’au début du mois de mai risque de se prolonger jusqu’à la rentrée en septembre. Déjà que ces deux ou trois premières semaines de vie au ralenti et de confinement aient déjà pu paraître pour certaines personnes l’équivalent de deux mois. On exagère à peine.

Bref, ce qui nous attend n’a rien d’un sprint, mais tout d’un marathon.

Je vous invite donc à ménager vos énergies, à allonger votre foulée et à bien doser vos efforts. Chacun doit trouver la cadence qui lui convient afin de pouvoir durer dans le temps et se rendre jusqu’au bout de cette crise en un seul morceau.

À ce propos, la dernière extravagance (!) que je me suis offerte au début de la crise a été une bonne paire de souliers de jogging. Je n’ai rien d’un Julien Pinsonneault, mais le jogging me permet de garder la forme et de m’aérer l’esprit.

J’ai justement mis en principe l’idée de bien doser mes efforts. Je suis encore loin de pouvoir compléter un marathon, cela dit. Mais au rythme où vont les choses, le coronavirus aidant, je n’ai pas fini de progresser et de vouloir m’évader.

Je m’oblige aussi à saluer ceux que je croise sur ma route. Ils sont nombreux à marcher dans les rues sans trottoir de mon quartier. Plusieurs joggeurs me renvoient mes salutations tels des motocyclistes en été et bien des personnes âgées, qui prennent l’air sur les bons conseils de François Legault, le font aussi. Certains me répondent d’un sourire timide, d’autres baissent les yeux et il y a ceux qui s’écartent de mon chemin. Une petite promenade de santé, c’est comme cela que je vois ces sorties au pas de course avec mes petits bonjours. C’est bon pour ma santé physique et psychologique et pour notre santé collective. On peut vivre à l’écart du troupeau un certain temps, mais le besoin de communiquer, même à deux mètres de distance, demeure bien présent.

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