21 mai 2015
Le mauvais rêve
Par: Le Courrier
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Un cauchemar. Pour le maire Claude Corbeil, les conclusions de l’étude de faisabilité de l’Agence métropolitaine de transport sur l’opportunité de prolonger le train de banlieue vers Saint-Hyacinthe sont un cauchemar.

Le pire des scénarios possibles pour celui qui a fait de ce grand projet l’un des fondements de son engagement citoyen et politique, que ce soit à titre de président de la Chambre de commerce et de l’Industrie ou comme maire de Saint-Hyacinthe. Pour reprendre l’expression de Bernard Barré, il était Monsieur Train de banlieue. Jusqu’à la semaine dernière. Jusqu’à ce que l’étude de l’AMT vienne confirmer que son rêve est irréaliste. Pas rentable vu le peu d’achalandage et le coût des investissements nécessaires, a tranché l’AMT en se fiant sur une étude d’une quarantaine de pages. Rien de positif n’en ressort. Que du négatif, sinon pour l’AMT qui n’a jamais cru au projet maskoutain et s’est fait imposer cette étude contre son gré.

Pour celui qui s’est fait élire en promettant de régler le conflit de l’Hôtel des Seigneurs et de tout faire pour amener le train de banlieue aux portes de la Cité maskoutaine, c’est un autre coup extrêmement dur à encaisser.

Il a beau dire qu’il continue d’y croire, il est pas mal seul dans son camp.

Et il en est en partie responsable. À part attendre les conclusions d’une étude commandée avant son élection, il est permis de se demander ce qu’il a fait depuis novembre 2013 pour réunir les conditions gagnantes.

L’AMT a toujours imposé trois conditions au prolongement du train de banlieue. Il fallait que ça réponde à un besoin, que ce soit rentable et que ce soit souhaité par le milieu. On sait maintenant que les deux premiers critères ne peuvent être remplis.

Au niveau de la volonté du milieu, rien n’a été fait ces dernières années pour prendre véritablement le pouls des Maskoutains et mobiliser la région. Plusieurs diront que c’était perdu d’avance et qu’un train de banlieue n’aurait jamais passé le test de l’acceptation populaire une fois les coûts exposés et détaillés.

Et le reste de la MRC n’a jamais donné l’impression de vouloir sauter dans le train.

Claude Corbeil devra donc cesser de vendre du rêve et de fantasmer. Le train de banlieue ne sera jamais un tremplin pour atteindre les 60 000 de population et combler nos besoins de main-d’oeuvre. Il ne sera pas non plus le fer de lance d’un projet immobilier développé selon un concept Transit-oriented development.

Ce qui est étonnant, c’est que le maire n’ait rien trouvé à redire sur cette étude qui devait coûter 125 000 $ et qui, au final, n’aura même pas coûté 20 000 $. À croire qu’on a simplement actualisé les données de l’étude de 2005. On n’a fait aucune projection d’achalandage, ni aucun sondage sur le terrain. Étonnant.

En fait, le maire a semblé plus préoccupé de savoir d’où est venue la fuite qui a permis aux médias de couler les conclusions de l’étude que de tenter d’y trouver des failles.

C’est dire à quel point il a été sonné par l’AMT. Le réveil est brutal, violent même, comme c’est souvent le cas avec les cauchemars.

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