31 août 2017
Pôle culturel
Le meilleur plan B
Par: Martin Bourassa

La Ville de Saint-Hyacinthe vient de sortir tout un lapin de son chapeau en annonçant la création d’un pôle culturel au centre-ville, plus particulièrement dans le district Hertel.

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La Ville de Saint-Hyacinthe vient de sortir tout un lapin de son chapeau en annonçant la création d’un pôle culturel au centre-ville, plus particulièrement dans le district Hertel.
Ce gros lapin, personne ne l’avait vu venir. Certainement pas les partisans du centre culturel maskoutain, qui réclamaient haut et fort la relocalisation de la Médiathèque maskoutaine, du centre d’histoire et du centre d’exposition Expression dans un seul et même édifice flambant neuf de 50 M$, qui inclurait un musée régional.
Le pôle culturel tue dans l’œuf ce projet n’en déplaise aux promoteurs du CCM qui s’évertuent à dire que l’esprit du CCM survivra. Grand bien leur fasse.
La réalité, c’est que la Ville de Saint-Hyacinthe accouche du plus réaliste des plans B, considérant qu’un CCM aurait été l’option rêvée. Un plan plus réaliste et aussi moins coûteux en théorie, même si des dépenses substantielles sont prévisibles.
Il faut savoir que la Ville n’a pas d’études en mains pour chiffrer les investissements qui seront nécessaires pour reconvertir tout ce qui devra l’être. Attendez-vous à une bonne beurrée. C’est souvent le cas quand on tente de faire du neuf avec du vieux.
Ainsi, ce fameux pôle culturel prendrait un visage plus éclaté, sans être trop éparpillé. La bibliothèque T.-A.-St-Germain quittera le coin Choquette/Dessaulles au profit de l’édifice où loge jusqu’à nouvel ordre la Fédération des caisses Desjardins, à l’angle Bourdages et Girouard. C’est une belle amélioration, car cet emplacement en est un de choix. Nul doute que ce changement sera bénéfique, voire spectaculaire. La Ville a cependant dû mettre la main dans sa poche pour l’acquérir et elle devra aussi voir à renforcir l’édifice pour qu’il soit apte à accueillir sa nouvelle vocation. On raconte que l’immeuble peinait déjà à soutenir les classeurs de Desjardins, alors imaginez un peu le poids des étagères remplies de livres. Il y a fort à parier que la Ville salivait autant à l’idée d’y relocaliser la bibliothèque que par la possibilité de plein contrôle sur 140 places de stationnement au centre-ville, même si l’accès à ce stationnement est problématique dans sa configuration actuelle. Mais dans l’immédiat, ce sont de bonnes places dont les travailleurs de jour au centre-ville ne pourront utiliser. Mais elles pourront toutefois servir en soirée ou le week-end pour la clientèle du centre des arts Juliette-Lassonde, quand le chantier Réseau Sélection aura fait disparaître ce qui lui sert de stationnement.
Le plan municipal propose ensuite de reloger le centre d’histoire de ses locaux au Séminaire vers la Maison-mère des Adoratrices du Précieux-Sang, un édifice patrimonial qui est déjà propriété de la Ville et dont elle ne savait que faire. Il faudra cependant lui faire subir une véritable transformation, sans compter tout le volet sécuritaire à mettre en place pour assurer la protection et la pérennité de nos archives.
Il faudra voir comment la chapelle actuelle pourra faire sa place dans cet environnement. Elle aussi pourrait changer de vocation et fort probablement prendre les traits d’un musée à moyen terme. Parlant de vocation, celle de l’église Notre-Dame-du-Rosaire est appelée à changer avant longtemps si les négociations entre la Ville de Saint-Hyacinthe et le diocèse aboutissent. Et il n’y a pas de raison d’en douter. La Ville souhaite que le vénérable bâtiment, situé en face de sa nouvelle bibliothèque, devienne son prochain temple de l’art et du patrimoine, en abritant Expression et un musée régional.
Disons que ce mariage à cet endroit est assez inusité. On a du mal à s’imaginer une cohabitation aussi éclectique, considérant la mission d’Expression associée à la mise en valeur de l’art contemporain et celle d’un musée tourné vers notre héritage religieux et agricole. Tout cela dans une église qui présente une richesse patrimoniale reconnue et indéniable. Cette reconversion exigera du doigté et du gros cash.
Si la Ville de Saint-Hyacinthe a mal évalué les dépenses engendrées par la réhabilitation du Marché public, la mise aux normes de l’église Notre-Dame et du couvent des Adoratrices risque de lui faire perdre son latin.
Il faut donc retenir que si l’idée du pôle culturel est pleine de bon sens, en règlant au passage la sauvegarde et la mise en valeur d’une partie de notre patrimoine, sa concrétisation ne se fera pas comme par magie et sans heurts.

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