29 août 2013
Au centre d'exposition Expression
Le patrimoine tel qu’il est aujourd’hui d’ouest en est
Par: Émilie Madore
Lorraine Gilbert enseigne actuellement au département d'arts visuels de la Faculté des arts de l'Université d'Ottawa. Plusieurs de ses oeuvres se retrouvent au musée des Beaux-Arts du Canada.

Lorraine Gilbert enseigne actuellement au département d'arts visuels de la Faculté des arts de l'Université d'Ottawa. Plusieurs de ses oeuvres se retrouvent au musée des Beaux-Arts du Canada.

Lorraine Gilbert expose au centre Expression, depuis le 17 août, sa vision de ce que devient le patrimoine canadien à l’ère où la technologie et l’industrialisation prennent une ampleur inégalée.

Le travail de Lorraine Gilbert s’échelonne sur une période de 25 ans qui l’ont amené à combiner des projets réalisés autant en Colombie-Britannique qu’au Québec. « C’est une exposition qui regroupe des oeuvres que je n’ai jamais exposées ensemble. Ça me permet de trouver un lien dans mon travail, une ligne directrice. C’est souvent en exposant que les artistes peuvent mieux connaître leur travail », explique Mme Gilbert.

L’exposition comprend cinq séries composées de photomontage. Il s’agit d’un procédé qui consiste à ajouter des éléments dans une image. Lorraine Gilbert a voulu raconter, à sa façon, des histoires à travers un paysage donné et ainsi faire comprendre au public la catastrophe qui hante le paysage québécois.« On est en train de détruire ce que l’on a, avertit-elle. À travers ma série Le Patrimoine, réalisée entre 2003 et 2010, on assiste à la transformation du paysage. Le changement est moins rapide ici qu’en Colombie-Britannique, mais il est là quand même.»

Inspiration en forêt

À l’époque, Lorraine Gilbert étudiait la foresterie à l’Université de Colombie-Britannique et pratiquait la photo depuis déjà plusieurs années. « J’ai planté des arbres pendant quelque temps et en prenant conscience de l’ampleur de la déforestation, j’ai fait des portraits panoramiques qui montrent cette situation critique. »

Shaping the new forest> expose les effets dévastateurs de l’exploitation des ressources naturelles sur l’environnement.

Procédé minutieux

Pour réaliser tout ce travail grand format, la photographe a dû faire le collage de négatifs afin de développer des photos d’aussi bonne qualité. Lorraine Gilbert s’est façonné sa propre vision de la photographie : « construire une image et y intégrer ce qu’on veut dire. Une photo de paysage ce n’est pas assez, ça prenait des choses et des gens autour pour approfondir l’idée qui se cachait en moi », dévoile-t-elle avec passion.

Un regard attentif au dyptique (oeuvre composée de deux éléments) Once (Upon) a Forest nous transporte d’une part devant une végétation urbaine et de l’autre en forêt. Lorraine Gilbert a réalisé un travail de moine en numérisant chaque plante dans trois saisons différentes. Cette photographie de 17 pieds par 5 pieds donne l’impression d’observer la nature à la loupe.La photographe met aussi en lumière l’oeuvre de graffiteurs en photographiant les objets laissés aux abords d’une palissade couverte de graffitis. The Messengers présente, en gros plan, des détritus dans une reconstitution esthétique de l’espace de travail des artistes qui tentent à leur façon de faire passer un message à la société.Paysages canadiens 1988 – 2013 est à l’affiche à Expression jusqu’au 27 octobre. « Expression est un si bel espace pour exposer et avoir de l’impact, c’est une salle d’exposition incroyable », observe Lorraine Gilbert. L’artiste profite de cette opportunité d’exposition pour réfléchir à un autre projet photographique et même à la création d’un catalogue regroupant toutes ses oeuvres.

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