2 juillet 2020
Saint-Valérien-de-Milton
Le pont Paré sera-t-il sauvegardé?
Par: Benoit Lapierre

Le conseil des maires de la MRC des Maskoutains a voté en faveur de la restauration du pont Paré à Saint-Valérien, mais c’est le MTQ qui décidera de son sort au final. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Considéré comme un bien patrimonial par le ministère des Transports du Québec (MTQ), le pont Paré, qui enjambe la rivière Noire dans le 10e Rang de Saint-Valérien-de-Milton depuis son inauguration en 1920, devrait-il être restauré ou remplacé?

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C’est une question à laquelle le conseil de la MRC des Maskoutains a été appelé à répondre à sa séance du 11 mars. Et la majorité des maires se sont dits en faveur de la préservation de ce vieil ouvrage en fer comme on n’en voit plus beaucoup au Québec.

Mais trois d’entre eux se sont prononcés contre la préservation, et pour un remplacement. Ce sont Robert Beauchamp, de Saint-Marcel-de-Richelieu, Robert Houle, de Saint-Dominique, et Daniel Paquette, de Saint-Valérien-de-Milton. « Là-dessus, j’appuie l’UPA, mais je comprends aussi la position de la MRC, qui doit appliquer la réglementation sur le patrimoine. Moi, oui, je suis pour un pont neuf », a expliqué le maire Paquette.

Sa position diffère donc quelque peu de celle qu’avait exprimée il y a quelques années l’ex-mairesse Raymonde Plamondon. Elle était en faveur de la préservation de l’un des deux ponts métalliques du village, celui du 10e Rang et celui du rang de l’Égypte, à la condition qu’un nouveau pont remplace celui qui serait sacrifié. Or, c’est le pont de l’Égypte, fermé le 7 août 2009, qui a finalement disparu en 2011 et qui a été remplacé par une structure en béton.

Quant au pont Paré, il est fermé à la circulation automobile depuis le 24 novembre 2014, au grand désespoir des agriculteurs des environs qui sont condamnés à faire de grands détours et qui souhaitent sa reconstruction au plus vite. C’est le cas de Cindy Beaudry, représentante locale de l’UPA, et de Luc Tétreault, qui tous deux assistaient au conseil des maires du 11 mars. « On veut un nouveau pont! », ont-ils lancé, y allant de leurs meilleurs arguments pour convaincre les élus de revenir sur leur décision. Le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, a obtenu pour eux que la question du pont fasse l’objet d’une nouvelle discussion à la MRC.

Mais en bout de piste, c’est le MTQ, responsable du pont, qui tranchera dans le dossier, a souligné le directeur général de la MRC, André Charron. Et le MTQ recommande la restauration du pont en raison de sa valeur patrimoniale. Celle-ci est qualifiée d’élevée dans un rapport d’étude daté d’avril 2010 réalisé pour le compte du MTQ par la firme Patri-Arch, spécialisée en patrimoine et en architecture. Ce consultant a attribué une note de 90 au pont Paré quant à sa valeur patrimoniale.

« Le rétablissement de quelques éléments perdus ou un regain d’intérêt de la communauté pour la sauvegarde du pont pourraient même lui faire gagner quelques points. Cet ouvrage devrait donc être conservé et réhabilité », concluait le consultant.

Conçu par le Département des Travaux publics et du Travail à partir de plans datés du 7 avril 1919, le pont Paré en est un de type « Baltimore ». Il a été construit par la Compagnie MacKinnon Steel and Co Limited, de Sherbrooke, en même temps que le pont de l’Égypte. Dans le volet historique de l’étude – auquel Suzanne Normandin, de Saint-Valérien, a largement contribué -, on apprend que le pont doit son nom à Joseph Paré, celui à qui appartenait depuis 1880 le pont de bois qui se trouvait au même endroit.

Le pont Paré possède une seule travée de 167,1 m de longueur, ce qui en ferait la plus longue travée parmi les ponts de ce type au Québec.

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