14 mai 2020
Football
Le premier camp de coach Luc attendra
Par: Maxime Prévost Durand

Devenu entraîneur adjoint des Alouettes en cours de saison l’an dernier, Luc Brodeur-Jourdain devait vivre ces jours-ci son premier camp d’entraînement dans son nouveau rôle. Photo Alouettes de Montréal - Dominick Gravel

Les Alouettes de Montréal devaient entamer cette semaine leur camp d’entraînement en vue de la prochaine saison. Ce devait être le premier de Luc Brodeur-Jourdain en tant qu’entraîneur adjoint plutôt que comme joueur. Tout était prêt pour que l’équipe saute sur le terrain de pratique. Mais à ce stade-ci, on ignore même si les clubs de la Ligue canadienne de football joueront une saison, carrément.

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« On met tout sur pause, on attend et on regarde ce qui se passe, affirme le Maskoutain de 37 ans, dans un entretien téléphonique avec LE COURRIER. En ce moment, on ne sait pas contre qui on va jouer notre premier match ni quand on pourra le jouer. Ce sont des éléments hors de notre contrôle. On peut juste attendre, comme c’est le cas pour les salons de coiffure ou pour tous les services qui impliquent une proximité et qui ne sont pas dans le réseau de la santé. »

Le commissaire de la Ligue canadienne de football (LCF), Randy Ambrosie, n’a pas caché, la semaine dernière, que l’annulation de la prochaine saison était une possibilité très plausible vu le contexte actuel. Il s’est même adressé à la Chambre des communes pour demander une aide de 150 millions $ pour pouvoir traverser la crise si ce scénario devait malheureusement être celui choisi.

Avec son optimisme habituel, Luc Brodeur-Jourdain garde néanmoins espoir qu’il y ait du football de la LCF cette année. « Je suis sûr qu’on peut y parvenir », lance le gaillard.

Selon lui, pour qu’une saison soit tenue en toute sécurité, il faudrait sans doute que tous les joueurs soient testés et que ceux-ci soient sensibilisés d’une manière accrue, suggère-t-il. Cela impliquerait aussi qu’ils se concentrent presque uniquement sur le football, laissant chacun de côté certains aspects de leur vie personnelle pour minimiser les risques. Un grand sacrifice, certes, mais qui serait peut-être leur seul moyen de vivre de leur passion cette année et de sauver la saison, estime LBJ.

Si saison il y a, l’équipe des Alouettes sera prête à mettre l’épaule à la roue, assure-t-il. « Du côté des entraîneurs, on était prêts à entamer le camp d’entraînement. On était même rendus à penser aux premiers matchs de la saison et à regarder du vidéo pour nous préparer. »

Des débuts particuliers

Entraîneur adjoint à la ligne offensive chez les Alouettes depuis environ neuf mois, Luc Brodeur-Jourdain concède que ses débuts dans ce nouveau rôle sont pour le moins particuliers.

Déjà, il a été embauché comme entraîneur adjoint à peine quelques jours après qu’il ait accroché ses épaulettes, en juillet dernier, au terme d’une carrière de joueur de centre qui aura duré 10 ans avec la formation montréalaise. Mais ce n’est pas tout.

« J’ai été nommé entraîneur adjoint quand l’entraîneur-chef s’est fait licencié, rappelle-t-il. Et là, mon premier camp d’entraînement comme entraîneur n’aura pas lieu. »

Cela dit, il se plaît énormément dans ses nouvelles fonctions, même si le feu de l’action lui manque parfois. « Je trouve ça dur de ne plus avoir de contrôle sur ce qui se passe sur le terrain », avoue-t-il, évoquant du même coup la confiance dont il doit faire preuve à l’égard des joueurs.

Lorsqu’on lui demande s’il est content de vivre cette période d’incertitude à titre d’entraîneur plutôt que comme joueur, il répond du tac au tac : « oui, assurément ».

Ce n’est pas un contexte évident pour les joueurs, convient-il, surtout que ceux-ci prévoyaient leur programme d’entraînement dans le but d’atteindre le sommet de leur forme à cette période-ci de l’année. Une forme qu’ils devront tenter de maintenir afin d’être prêts à toute éventualité, si la saison devait être lancée.

« Il ne faut pas rester chez nous en victime, prévient coach Luc. Il faut trouver comment faire pour rester en forme et être efficace durant cette période. Ça vaut aussi pour le sport amateur, comme les joueurs des Lauréats [du Cégep de Saint-Hyacinthe], du Drakkar [de la Polyvalente Hyacinthe-Delorme] et des Patriotes [de l’École secondaire Saint-Joseph] », souligne le gentil géant.

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