19 avril 2012
Tour de bureaux dans le Complexe M
Le projet n’a jamais été présenté au comité consultatif d’urbanisme
Par: Le Courrier
André Brochu et des représentants des Centre d'Achats Beauward ont défendu une dernière fois leur position contre le projet de règlement qui permettra la construction d'une nouvelle tour de bureaux en bordure de l'autoroute.

André Brochu et des représentants des Centre d'Achats Beauward ont défendu une dernière fois leur position contre le projet de règlement qui permettra la construction d'une nouvelle tour de bureaux en bordure de l'autoroute.

Le projet de règlement visant à modifier le zonage d’une parcelle de terrain afin que le Groupe Robin puisse y construire une tour de bureaux répondant aux critères LEED a été adopté, lundi, par le conseil municipal, sans que le Comité consultatif d’urbanisme (CCU) n’ait jamais été saisi du dossier.

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C’est ce qu’a appris avec stupéfaction le directeur général des Galeries St-Hyacinthe, André Brochu, quelques minutes à peine avant le vote des élus.

La conseillère Nicole Dion-Audette, qui préside le CCU, s’est adressée à ses collègues dans un ultime effort pour les convaincre de voter contre le projet, en soulignant qu’il n’avait jamais été soumis à l’attention de son comité.« C’est déjà arrivé auparavant, mais dans de très rares cas, a déploré Mme Dion-Audette en entrevue au COURRIER. C’est plutôt inhabituel. Ce qui est choquant, c’est que le CCU a travaillé pendant deux ans à la confection du nouveau plan d’urbanisme. Aujourd’hui, on vient le modifier de façon importante sans même nous demander notre avis. C’est un manque de respect pour les membres du comité. »Le CCU est composé de deux membres élus, soit Mme Dion-Audette et Sylvie Adam, et de cinq citoyens. Selon Mme Dion-Audette, qui était en vacances au moment de la demande formulée par le Groupe Robin, l’entrepreneur aurait présenté son projet directement aux conseillers. « Le conseil demeure souverain dans sa décision. Mais de façon générale, on demande au CCU de réfléchir à la question et d’établir les tenants et aboutissants de la décision pour faire des recommandations », a expliqué la présidente.Cette révélation a donné du poids aux arguments des Centres d’achats Beauward. Au cours de la consultation publique sur le projet de règlement, André Brochu avait exprimé la volonté que les élus reportent leur décision, afin de laisser chacun des groupes concernés venir démontrer les conséquences de la construction d’une nouvelle tour de bureaux en bordure de l’autoroute. Le centre-ville et les Galeries, qui étaient favorisés par le noyau commercial édicté par le plan d’urbanisme, craignent l’étalement urbain. « Il y a un an, on estimait qu’il y avait suffisamment d’espace dans le noyau urbain central pour qu’il devienne le seul endroit où l’on pouvait établir des bureaux structurants. Seulement aux Galeries, nous avons encore 70 000 pieds carrés à louer. Je suis bien d’accord qu’un plan d’urbanisme doit évoluer, mais rien n’a changé depuis son adoption », a décrit M. Brochu, affirmant que cette décision remettait en question la construction de la seconde phase du projet d’agrandissement du centre d’achats.En plus du projet de règlement venant modifier le zonage des terrains appartenant au Groupe Robin, un second projet de règlement permettant désormais aux élus d’octroyer des usages conditionnels pour des projets sur la base du développement durable a lui aussi été adopté.Cette décision « prise en vitesse », selon M. Brochu, pourrait donc ouvrir la porte à d’autres projets similaires à l’extérieur du noyau urbain central. « Ce noyau, c’était la colonne vertébrale du plan d’urbanisme. On le dit souvent, Saint-Hyacinthe est prise en étau par les zones agricoles et la solution à privilégier, c’est la densification. Maintenant, sur la base de l’énoncé « développement durable », pour lequel aucun critère n’est précisé, on pourra construire n’importe où parce que la Ville craint de perdre ces projets aux mains d’autres villes. »En consultation publique, le directeur du service de l’Urbanisme, Yvan Gatien, n’a pas été en mesure de préciser la définition de l’expression « développement durable » formulée dans le projet de règlement. Il a toutefois expliqué que le conseil ne souhaitait pas se limiter à la certification LEED pour encourager des projets verts. Les citoyens qui résident dans les zones contiguës au terrain concerné par la modification au règlement de zonage ont jusqu’au 4 mai pour s’opposer au projet. Un total de douze signatures sont nécessaires pour que soit tenu un registre. Les Galeries ne se trouvent pas dans les zones contiguës et n’ont donc pas la possibilité de s’opposer au règlement. « Pour le moment, nous allons suivre la procédure normale et miser sur les citoyens, qui peuvent constater eux aussi les problèmes que pourrait engendrer ce règlement, a commenté André Brochu. Si ça ne fonctionne pas, nous évaluerons nos possibilités. » Les conseillers Sylvie Adam, Nicole Dion-Audette, Louise Arpin et Sylvain Savoie se sont opposés à l’adoption des deux projets de règlement.

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