26 novembre 2015
Football
Le rêve américain d’un ancien Patriote
Par: Maxime Prévost Durand
Philippe Bazinet est le quart-arrière partant des Cadets de Norwich University, une équipe division 3 du circuit NCAA. Photo Courtoisie Sara Bazinet

Philippe Bazinet est le quart-arrière partant des Cadets de Norwich University, une équipe division 3 du circuit NCAA. Photo Courtoisie Sara Bazinet

Déjà lorsqu’il jouait avec les Patriotes de l’École secondaire Saint-Joseph, le quart-arrière Philippe Bazinet était ­animé du rêve américain. Ou plutôt, du rêve de jouer aux États-Unis. Cet automne, il s’impose comme l’un des meilleurs à sa position au sein de la conférence collégiale de l’Est dans le circuit de la NCAA en division 3 avec Norwich University.

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Âgé d’à peine 20 ans, le jeune homme d’Otterburn Park en est seulement à sa deuxième saison avec les Cadets de Norwich University, une équipe du ­Vermont. Profitant du départ de deux quarts-arrière « senior » l’an dernier, il a obtenu cette année le poste de partant au sein de la formation, une occasion qu’il a saisie avec brio pour montrer l’étendue de son talent.

Ses statistiques parlent d’elles-mêmes : après sept parties au sein de la Eastern Collegiate Football Conference, il est ­troisième pour ce qui est du taux de passes complétées avec 58,9 % de réussite, ­troisième pour les passes de touché – il en compte huit -, et n’a été victime que de trois interceptions. Et outre les ­statistiques individuelles, il n’a perdu qu’une seule de ces sept parties contre les autres équipes de sa conférence.

« Les entraîneurs m’ont vraiment donné ma chance et avec ce que je fais sur le ­terrain, je crois qu’ils sont contents, a ­soutenu Bazinet lors d’une rencontre avec LE COURRIER à la fin octobre. Je pense avoir prouvé ma valeur autant auprès des entraîneurs qu’auprès des autres joueurs. Se faire valoir auprès des coachs, c’est une chose, mais il faut d’abord que les joueurs aient confiance [en toi] et qu’ils veulent te suivre. »

Même si tout lui sourit depuis le début de la saison, le « sophomore » a dû faire sa place au sein de la formation. « Je n’étais pas le quart-arrière partant lors du premier match (une rencontre contre une équipe hors-conférence). Je suis embarqué au 4e quart et c’est à partir de ce moment qu’on a commencé à avancer avec le ballon. J’ai été le partant à chaque partie depuis. »

L’adaptation américaine

La culture du football canadien et du ­football américain comporte certaines différences notables qui nécessitent une adaptation pour tous les joueurs qui font la transition entre les deux.

Ce qui a d’abord frappé Philippe ­Bazinet, c’est l’étroitesse des terrains américains, une douzaine de verges moins large que les terrains que l’on ­retrouve ici. « Au Canada, tu ne lanceras jamais assez loin sur un tracé large parce que le terrain est tellement grand, tandis qu’aux États-Unis, c’est plus petit et il faut être rapide dans l’exécution. Après un compte de « 1, 2, 3 », il faut que le ballon soit lancé, alors qu’ici tu as le temps de trouver ta fenêtre de passe. »

La grosseur du terrain se répercute dans le style de jeu des Américains, qui jouent davantage en couverture homme à homme plutôt qu’en couverture de zone. On compte également un joueur en moins sur le terrain (11 plutôt que 12), ce qui peut avoir pour effet de limiter les options de passe du quart-arrière.

« L’adaptation a quand même bien été. J’ai eu de bons entraîneurs et de bons ­coéquipiers qui ont pris le temps de ­m’expliquer, laisse tomber Bazinet. Au final, le principe reste le même : lancer un ballon. »

Un long chemin

Dès l’âge de 5 ans, Philippe faisait ses ­premiers pas sur un terrain de football avec les Pirates du Richelieu, l’équipe ­civile qui oeuvre à Beloeil. Même s’il a ­fréquenté l’école Saint-Joseph durant tout son secondaire, ce n’est qu’en 4e secondaire qu’il a joint les Patriotes, passant du réseau civil au réseau scolaire.

« Quand j’ai vu que M. [Stéphane] Guillot allait devenir entraîneur à Saint-Joseph, ça a été un gros plus. Il m’avait coaché avec les Pirates et c’est quelqu’un qui m’a vraiment aidé à grandir comme joueur et en tant que quart-arrière », indique ­l’Otterburnois.

Philippe a passé deux saisons avec les Patriotes juvénile – « on a perdu par deux points en demi-finale contre Farnham », se souvient-il de sa dernière année -, avant d’être invité à participer à un « prep school challenge », une occasion qui permet à certains des meilleurs joueurs québécois de se faire valoir auprès d’écoles américaines.Les performances de Philippe Bazinet ne sont pas passées inaperçues à ce ­challenge, si bien que plusieurs écoles lui ont démontré de l’intérêt. Il a finalement opté pour Kents Hill, dans le Maine, pour faire son entrée aux États-Unis.Vu le long processus d’inscription, ­Bazinet a joué une saison avec les ­Voltigeurs du Cégep de Drummondville en division 2 du RSEQ avant de traverser la frontière.Nommé joueur le plus utile à son équipe avec Kents Hill, en plus de recevoir une mention honorable au sein de la ligue dans laquelle la formation oeuvrait, ­Bazinet s’est fait remarquer de plusieurs universités avant que son choix ne s’arrête finalement sur Norwich.« Si j’ai choisi Norwich University, c’est parce que je me vois faire mes quatre ans à cette université. C’est sûr que si j’avais l’opportunité d’aller dans une autre division, j’y penserais, mais en même temps, j’ai ma place de partant en division 3 et je peux me faire voir. Au bout du compte, l’important c’est de jouer. Même si j’évoluais avec une équipe de division 1, mais que je passais quatre ans sur le banc, je n’aurais rien à montrer aux équipes [pour me faire recruter]. »

Les performances de Philippe Bazinet ne sont pas passées inaperçues à ce ­challenge, si bien que plusieurs écoles lui ont démontré de l’intérêt. Il a finalement opté pour Kents Hill, dans le Maine, pour faire son entrée aux États-Unis.

Vu le long processus d’inscription, ­Bazinet a joué une saison avec les ­Voltigeurs du Cégep de Drummondville en division 2 du RSEQ avant de traverser la frontière.

Nommé joueur le plus utile à son équipe avec Kents Hill, en plus de recevoir une mention honorable au sein de la ligue dans laquelle la formation oeuvrait, ­Bazinet s’est fait remarquer de plusieurs universités avant que son choix ne s’arrête finalement sur Norwich.

« Si j’ai choisi Norwich University, c’est parce que je me vois faire mes quatre ans à cette université. C’est sûr que si j’avais l’opportunité d’aller dans une autre division, j’y penserais, mais en même temps, j’ai ma place de partant en division 3 et je peux me faire voir. Au bout du compte, l’important c’est de jouer. Même si j’évoluais avec une équipe de division 1, mais que je passais quatre ans sur le banc, je n’aurais rien à montrer aux équipes [pour me faire recruter]. »

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