4 juillet 2019
Fin de la convention collective chez Barry Callebaut
Le syndicat demande plus de bras
Par: Olivier Dénommée

Le slogan « Pas de bras, pas de chocolat » laisse entendre que, si l’employeur ne répond pas aux exigences syndicales d’augmenter le plancher d’emploi, une grève générale illimitée est à prévoir. La banderole a été installée le 26 juin. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le comité de négociation des salariés : Danye Boivin, Roland Piché, président du syndicat, Me François Morin, conseiller syndical, David Allard et Elise Denette. Photo François Larivière | Le Courrier ©

La convention collective des employés de Barry Callebaut, importante usine de chocolat à Saint-Hyacinthe embauchant plus de 500 personnes, est échue depuis le 30 juin, mais le syndicat n’a pas attendu cette date avant de commencer ses actions de visibilité afin d’inciter la partie patronale à négocier sérieusement.

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Une première offre patronale jugée inacceptable par les employés a eu pour conséquence le vote d’un mandat de grève générale illimitée à 95 %, qui serait mis en application « au moment jugé opportun » par le syndicat, précise Me François Morin, le conseiller syndical chez Barry Callebaut. Pour le moment, on se contente d’actions de visibilité, dont une le 26 juin en matinée où une grande banderole sur laquelle on peut lire « Pas de bras, pas de chocolat » a été installée sur le terrain de l’entrepôt pour faire valoir les demandes syndicales, mais cela pourrait s’intensifier si les négociations n’avancent pas davantage dans les prochaines semaines.

Rencontré dans une salle du Holiday Inn entre deux séances de négociations, le comité de négociation de Barry Callebaut demande notamment un plan de main-d’œuvre et un plancher d’emploi. « Pour éviter la surcharge de travail, on demande l’ajout de 79 postes répartis dans les différents départements », confirme Me Morin. « En ce moment, ça court sur le plancher et le taux d’accidents de travail et de maladies est en forte hausse ces dernières années », s’inquiète quant à lui Roland Piché, président du syndicat.

Les autres enjeux incluent la possibilité de la semaine de 4 jours pour certaines équipes, les questions des heures supplémentaires, de la formation et de la reconnaissance syndicale. Pour le moment, la question des salaires n’a pas été mise sur la table, mais le syndicat assure que de nouvelles demandes suivront au mois d’août.

Une écoute… sans plus

« Depuis qu’on a un mandat de grève, il y a de l’écoute de la part de l’employeur, mais ça n’a pas dépassé ce stade encore. On sent une lenteur du côté de la partie patronale et on espère accélérer le rythme avec nos actions », explique Me Morin, qui doute voir une entente dans les prochaines semaines vu la « non-disponibilité patronale » qui pourrait ralentir les négociations jusqu’à la fin de l’été. « Mais à partir de la mi-août, il faudra s’attendre à des actions plus prononcées. On va avoir un été chaud », prévient le conseiller syndical.

Aucune autre action n’a encore été prise par le syndicat depuis la fin de la convention collective de Barry Callebaut, mais le comité devait se rencontrer hier pour discuter de la suite des choses, d’autant plus que les négociations n’ont pas évolué dans la dernière semaine, selon Roland Piché.

La direction en discussion

Interrogée sur le sujet, la direction de l’usine maskoutaine prend au sérieux les demandes syndicales.

« Les discusions se poursuivent des deux côtés. Le tout se déroule dans un processus sérieux », indique en entrevue au COURRIER Michel Bourque, directeur de l’usine Barry Callebaut de Saint-Hyacinthe.

« Notre objectif est d’opérer une usine compétitive à Saint-Hyacinthe au sein du Groupe Barry Callebaut », poursuit le dirigeant.

Face au spectre du possible déclenchement d’une grève générale illimitée, M. Bourque répond que « cela ne sera bénéfique pour personne d’en arriver à un mandat de grève ».

Les rondes de négociations ont débuté en mai. « Nous avons eu notre 7e rencontre la semaine dernière. D’autres sont prévues ce mois-ci et en août », précise Michel Bourque.

Le dernier contrat de travail des employés de l’usine était d’une durée de cinq ans.

Avec la collaboration de Jean-Luc Lorry.

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