20 septembre 2012
Saint-Pie
Le terrain de l’Inter Marché est à vendre
Par: Le Courrier
Le terrain de l'Inter Marché est à vendre. Mme Gagnon ne reconstruira pas le supermarché qu'elle a perdu dans l'incendie du mois de mars.

Le terrain de l'Inter Marché est à vendre. Mme Gagnon ne reconstruira pas le supermarché qu'elle a perdu dans l'incendie du mois de mars.

Ravagée par les flammes le 23 mars 2012, l’épicerie l’Inter Marché, de Saint-Pie, ne sera pas reconstruite par Colette Gagnon, qui en a été la dernière propriétaire. Mme Gagnon, qui se retire des affaires, vient de mettre en vente le terrain commercial de la rue Sainte-Cécile devenu vacant à la suite de l’incendie.

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« Le feu est venu détruire tous mes rêves et tous mes projets. L’Inter Marché était le seul marché d’alimentation de Saint-Pie, je m’en suis occupée durant cinq ans et j’ai travaillé assez dur, six jours par semaine. Après l’avoir acquis de Pierre Graveline, le propriétaire avant moi, j’y ai fait des investissements majeurs, je suis allée chercher la SAQ, un comptoir Sears, j’ai travaillé pour qu’un magasin Korvette s’installe tout près. Aujourd’hui, j’ai 77 ans et je pense avoir fait ma part », a confié Mme Gagnon, qui réside à Granby.

Sa décision de ne pas mettre en chantier un nouveau magasin n’est pas sans conséquences financières pour elle. Elle a d’abord été pénalisée par son assureur, qui lui a imposé une forte réduction de l’indemnité à laquelle elle aurait eu droit autrement. De même, elle sera pénalisée par l’entreprise Provigo-Loblaws, détentrice de la bannière Inter Cité, pour bris de contrat. Mme Gagnon était liée à Provigo-Loblaws au moins jusqu’en juin 2013. « Mon avocat est en train de négocier la pénalité de sortie avec eux. Je ne veux plus avoir de lien avec Provigo-Loblaws », tranche-t-elle.Il y a maintenant six mois que les 5 263 citoyens de Saint-Pie vivent sans un supermarché dans leur ville, ce qui n’est rien de très amusant, d’autant plus que personne ne peut prédire à quel moment un prochain magasin d’alimentation sera mis en chantier. « Je sais qu’il y a un vent de panique à Saint-Pie par rapport à tout ça, et bien sûr, je sympathise avec la population. Je suis d’accord, ça prend absolument une épicerie à Saint-Pie », reconnaît Colette Gagnon.

Au printemps?

Bien qu’elle s’occupe elle-même de la vente du terrain de la rue Sainte-Cécile, elle dit ignorer qui se cachent derrière les agents immobiliers qui l’ont contactée au sujet de cet emplacement commercial.

Mais selon une information qu’elle tient d’anciens employés de l’Inter Marché, une nouvelle épicerie ouvrira ses portes à Saint-Pie au printemps 2013. « Je n’en suis pas sûre, mais je suis confiante », glisse-t-elle. Elle dit espérer que les gens de Saint-Pie manifesteront plus de reconnaissance envers leur prochain épicier qu’ils lui en ont montrée. « Je n’ai pas reçu beaucoup d’encouragement. L’Inter Marché était perçu comme un beau grand dépanneur, mais c’était plus que ça : c’était un véritable marché d’alimentation! », soutient-elle.Selon Mme Gagnon, il se pourrait bien que Provigo se manifeste dans le dossier. Mais l’initiative pourrait aussi venir de Métro ou de IGA : c’est ce que croit Guy Jodoin, le propriétaire des supermarchés IGA de Douville et La Providence, à Saint-Hyacinthe. « IGA et Métro ont les bons véhicules pour s’implanter dans un petit marché comme celui de Saint-Pie », estime-t-il, en songeant par exemple à des bannières de marché de proximité comme Tradition (Sobeys-IGA) et Richelieu (Métro). « Mais ça ne peut pas être un Métro ou un IGA parce que pour ça, il faut un trop gros volume de ventes », assure-t-il.Il est persuadé lui aussi que des chaînes d’alimentation s’intéressent actuellement au marché de Saint-Pie et qu’il y a aura éventuellement une annonce. « Il y aura une épicerie à Saint-Pie en 2013 ou 2014, c’est sûr et certain. Ça a déjà fonctionné, et je ne vois pas pourquoi ça ne fonctionnerait pas encore. »En attendant, il continuera d’accueillir tous les résidants de Saint-Pie et aussi de Saint-Damase qui viennent s’approvisionner à ses supermarchés de Saint-Hyacinthe. « Ça nous a amené un peu de volume, et ça en a amené à Saint-Césaire et Granby aussi », signale-t-il. Depuis l’incendie, ses magasins IGA offrent aux gens de Saint-Pie et des environs la possibilité de faire leur épicerie par commandes téléphoniques moyennant un modeste débours de 7 $ pour tout le service, livraison incluse. Et dit-il, il continuera d’en être ainsi tant que Saint-Pie ne sera pas à nouveau desservie par un marché d’alimentation digne de ce nom. « C’est le même prix que pour les gens de Saint-Hyacinthe. Peut-être qu’on devra s’ajuster aux hausses du prix de l’essence, mais ce sera la même chose pour tout le monde », a conclu M. Jodoin.

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