24 juillet 2014
Infiniti Eau Rouge
Le test d’un prototype
Par: Marc Bouchard

(Milbrook, Angleterre) Je reviens tout juste d’un voyage au Royaume-Uni. La raison de mon voyage à Londres : une chance unique de tester le prototype de l’Infiniti Eau Rouge, une voiture de haute performance créée par le constructeur. Attention cependant, il ne s’agit pas ici d’un essai comme les autres, mais bien d’un prototype dont la commercialisation n’a pas encore été confirmée.

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La Eau Rouge, c’est finalement une Infiniti Q50 revue et repensée, non seulement en terme de puissance, mais aussi et surtout d’aérodynamique. Ainsi, sous le capot, difficile de trouver plus puissant puisque les ingénieurs y ont logé l’étonnant moulin V6 3,8 litres biturbo que l’on retrouve dans la surpuissante GT-R.

L’exécution n’est pas simple cependant puisque pour y arriver, il a fallu jouer une véritable partie de Tetris avec les composantes mécaniques; la baie moteur de la Q50 n’a définitivement pas la même taille que celle de la GT-R. Autre défi de taille (sans mauvais jeu de mot), alors que la GT-R voit sa boîte de vitesse logée par-dessus le bloc moteur, la Q50 doit l’ajouter au bout du moteur comme dans toutes les voitures traditionnelles. Le défi est de conserver exactement les mêmes dimensions que la Q50 puisque le mandat est clair : créer une berline de cette famille, mais de haute performance. Défi réussi, pourrait-on dire puisque, avec l’aide du dessin assisté par ordinateur, les concepteurs ont réussi à placer virtuellement toutes les pièces au bon endroit. Il a suffi de transposer le tout dans la réalité… Fort heureusement, ce même genre de défi n’est pas applicable partout puisque le système de freinage retenu, aussi celui de la GT-R, avait les dimensions exactes pour se retrouver dans la voiture, sans effort supplémentaire. Un petit répit pour les ingénieurs.Quant à la carrosserie, on la dirait quasi jumelle avec la Q50, mais dans les faits, elle a été quasi totalement remaniée. Seule l’arche de porte a été préservée, tout le reste étant repensé et recréé, le plus souvent à la main et dans des matériaux parfaits pour un prototype, mais qui ne trouveront pas leur chemin jusqu’à la production. Dans l’habitacle, la planche de bord est l’exacte copie de celle de la Q50 haut de gamme, incluant les vastes écrans d’affichage. Petite note de personnalisation, des appliqués de fibre de carbone entrelacés de fibres rouges sont installés pour compléter le décor. Et un bon mot pour la qualité des sièges, sportifs à souhait, mais dont le confort sied aux conducteurs de toutes les tailles sans effort. Il ne m’a fallu que quelques secondes pour trouver la position de conduite idéale. Seul le volant aurait intérêt à être réévalué : sa prise en main est confortable, mais convient mal à une conduite dynamique.

Sur la piste

Évidemment, la conduite d’un prototype est un peu délicate. Comme la chaleur ambiante était plus élevée qu’elle ne l’est normalement en Angleterre, il m’a fallu faire des arrêts plus fréquents pour laisser refroidir la bête. Mais une fois bien en place, la conduite de la Eau Rouge surprend.

Par sa puissance d’abord, la Eau rouge étonne. Les accélérations sont vives, le freinage puissant et la tenue de route exceptionnelle. Peu importe la puissance des virages, la voiture demeure neutre et stable, sans trop d’effort. Il est vrai que notre circuit d’essai était particulièrement accidenté, ce qui limitait les vitesses de pointe, mais les lignes droites étaient suffisantes pour prouver ses capacités. Une excellente note aussi pour le système de freinage puissant qui m’a tiré d’affaire à quelques reprises alors que j’enfilais des virages avec un peu trop d’enthousiasme. Seul mauvais point véritable : la transmission automatique à 7 rapports jumelée au moteur. Elle est lente et son action donne la sensation d’étouffer la puissance. Rassurez-vous cependant, la Eau Rouge est un « work in progress » et les ingénieurs connaissent déjà cette faiblesse. Ils sont d’ailleurs en train de concocter une remplaçante plus dynamique à cette boîte anémique. La prochaine étape de la Eau Rouge, après les recommandations des journalistes : avoir un certain Sebastien Vettel pour pousser la voiture à ses limites, sur le circuit de Spa Francorchamps, en Belgique, le 28 juillet. Pourquoi à Spa? Parce que la piste offre un des virages les plus exigeants de tous les circuits du monde, baptisé justement Eau Rouge! Ce n’est qu’au terme de tous ces essais que Infiniti confirmera la production de la berline haute performance. Je pourrai toujours dire que j’ai un tantinet contribué à son développement!

Forces :

– Moteur puissant – Véritable voiture de luxe – Tenue de route

Faiblesses :

– Boîte de vitesses – Volant trop petit – Couple peu abondant à mi-régime

Fiche technique :

Moteur : V6 3,8 litres biturbo Puissance : 560 hp Couple : 445 li-pi Transmission : automatique 7 rapports Rouage : intégral 0-100 km/h : 4 secondes Vitesse maximale : 290 km/h Prix : non disponible

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